Contrairement à ce que
l'on entend parfois :
"Un oeuf est une énorme cellule", ceci est complètement
faux.
Un oeuf est une entité composé de millions de cellules,
de protéines, d'un embryon avec un code
génétique unique, dès qu'il est pondu et
à condition qu'il soit fécondé, le sexe du futur
poussin est déjà défini.
C'est tout un ensemble destiné à la reproduction et
à la continuité de l'espèce en premier lieu,
même si l'humain consomme des oeufs.
Voir
la rubrique de la conservation avant la consommation.
Cette photo montre deux
coquilles d'oeufs, prise du côté rond.
A gauche un oeuf datant de trois jours, à droite, un oeuf de
huit jours.
On remarque immédiatement une différence dans la taille
de la membrane de la poche à air.
L'ensemble de l'oeuf est bien protégé, d'abord par une
coquille en carbonate de calcium, puis par une double membrane, le
tout constitue un filtre moléculaire que bactéries et
virus ne peuvent traverser.
Le blanc de l'oeuf n'est pas une matière homogène mais
constitué d'une partie visqueuse, l'albumen, qui contient en
grande partie les anticorps maternels et de l'eau très
pure.
Cette eau peut s'évaporer par le côté pointu de
l'oeuf.
Ceci crée une dépression dans la coquille et pour
compenser, de l'oxygène s'introduit par le côté
rond, phénomène dit de "pump-down".
L'oxygène emplie peu à peu l'espace entre les deux
membranes coquillières et forme ce que l'on appelle la poche
à air.
Ceci prend en considération l'hygrométrie ambiante.
Dans la nature, une poule sauvage choisit un endroit à
l'ombre, elle creuse un nid dans la terre ou un substrat humide.
Ceci parce que si l'hygrométrie ambiante est trop basse, l'eau
contenue dans l'oeuf va s'évaporer trop rapidement et la poche
à air sera sur-dimensionnée.
Poche à air trop
importante : Le poussin ne pourra pas se tourner pour découper
la coquille.
Poche à air trop faible : Le poussin manquera d'oxygène
il n'arrivera pas à terme ou en conservera des
séquelles.
De ce fait, la conservation des
oeufs avant la mise en incubation est très importante et
liée intimement à l'hygrométrie.
Selon les études que nous avons mené, l'idéal
est de stocker les oeufs à une température
n'excédant pas 14°C et une hygrométrie d'au moins
80%HR.
Pour cela, on peut mettre les
oeufs dans des boîtes d'oeufs en carton
récupérées que l'on mettra par exemple dans une
cave et on humidifiera ces boîtes en pulvérisant de
l'eau dessus.
Vous pouvez numérotez et dater les oeufs en écrivant au
crayon noir sur les coquilles, n'employez pas de feutres car il est
dit que si les bactéries et les virus ne peuvent traverser le
filtre moléculaire de la coquille, les solvants gazeux et les
parfums peuvent passer, (ne pas confondre les micro-organismes
microscopiques qui sont relativement énormes par rapport aux
molécules).
Attention : Nous parlons bien de vapeurs, non de liquides, ceux-ci ne
peuvent entrer.
Raison pour laquelle on peut, avant la mise en conservation, laver et
désinfecter des oeufs salis sans risque.
Avec ces paramètres : <14°C et => 80%HR les oeufs
peuvent être conservés un mois avant la mise en
incubation.
Ensuite, lorsque l'on met les
oeufs dans l'incubateur, l'hygrométrie relative aura la
même importance que lors de la conservation, tout autant que la
température, pour obtenir une belle incubation et un bon
rendement de naissances, veuillez lire la rubrique sur les
possibilités de gérer les problèmes
hygrométriques liés aux incubateurs :
Hygrométrie
Nous savons qu'il peut
être difficilement compréhensible de suivre nos
indications.
Pourtant, il s'agit en premier lieu d'observations en réel
:
La poule réunit des conditions précises pour que ses
oeufs se conservent parfaitement jusqu'au dernier pondu.
Ensuite, quand elle s'installe pour sa couvaison, par sa
transpiration communiquée au substrat du nid,
l'humidité augmente régulièrement.
Pour recréer ces fonctions fondamentales, il a fallut
construire des prototypes de maintien en température et
d'humidité et d'incubateurs, le tout muni de capteurs et de
sondes précises, afin d'adapter en artificiel ce qui se passe
en réel dans la nature.
Attention : Nous parlons bien de conservations et de couvaisons
"naturelles", par des poules sauvages, non de poules domestiques qui
n'ont pas la possibilité de choisir les endroits propices,
puisqu'elles sont dans un environnement artificiel.
Un plus à savoir :
Grâce à son filtre moléculaire, un oeuf non
fêlé ne peut pourrir, vous pouvez, par exemple garder
des oeufs pour les décorer à Pâques sans avoir
besoin de les vider :
En les gardant dans un endroit sec, ce qui est à
l'intérieur va s'évaporer.
Vous pourrez le vérifier en pesant les oeufs de temps en
temps, en fonction de l'hygrométrie ambiante, une fois
déshydratés, ils ne pèseront plus que le poids
de leurs coquilles et des extraits secs, selon leur taille de 5
à 10g, (pour un oeuf de poule).
Bien sûr, pour des oeufs d'émeus ou d'autruches il faudra attendre des années pour qu'ils se déshydratent totalement.
Par ce système, les paléontologues trouvent des oeufs intacts datant de plusieurs millions d'années et les biologistes arrivent à en isoler le code ADN d'espèces disparues.