Dans un incubateur artificiel, la stabilité de la température est très importante mais reste relativement simple à régler, soit avec un thermostat bilame mécanique, soit avec un régulateur électronique, il n'en n'est pas de même pour l'hygrométrie.
L'hygrométrie est l'humidité
contenue dans un volume d'air, elle n'a pas une valeur absolue mais
relative, d'où son symbole HR, (Humidité Relative).
Relative car il s'agit d'un pourcentage, c'est à dire que pour
une quantité de vapeur d'eau X pour un mètre cube
d'air, lorsque cet air est chaud le pourcentage HR est faible car le
volume d'air augmente et quand l'air est refroidi, le pourcentage HR
est élevé puisque le volume d'air
réduit.
Pour imager : Lorsque vous sortez une bouteille d'eau du réfrigérateur en été, celle-ci se couvre de buée, puis de gouttelettes, ceci parce que l'air ambiant rétrécit au contact de la bouteille, le pourcentage HR augmente jusqu'à saturation.
Les phénomènes hygrométriques sont complexes et se mesurent avec des abaques dont nous vous ferons grâce.
Dans la pratique, il faut surtout calquer un
incubateur sur une couvaison naturelle :
Lorsque la poule entre en couvaison, elle a une certaine
transpiration ventrale.
Les jours passants, l'humidité de cette transpiration se
communique au substrat du nid, que ce soit de la paille, du copeau,
de la terre, etc..
Il est évident qu'au long des jours, l'hygrométrie
augmente progressivement.
Influence sur l'oeuf :
Dans le blanc d'oeuf, il y a une matière visqueuse contenant
les anticorps maternels ainsi que de l'eau très pure.
Cette eau s'évapore du côté pointu de l'oeuf,
cela crée une dépression interne, qui va se compenser
par une entrée d'oxygène du côté rond,
créant "la poche à air", phénomène dit de
pump-down.
Le poussin ne respire pas dans son oeuf, le placenta plaqué
sur la membrane de la poche à air, va superposer ce
précieux oxygène aux matières sanguines,
synthétisées depuis le jaune d'oeuf, le tout est
envoyé à l'embryon par le cordon ombilical.
Par ce système, on comprend aisément que si l'hygrométrie ambiante est élevée, l'évaporation sera faible, le poussin manquera d'oxygène avant de percer la coquille, moment où les poumons prennent le relais, raison pour laquelle on trouve des poussins morts nés en fin de couvaison.
A l'inverse, si l'hygrométrie ambiante est faible, la poche à air sera démesurée et le poussin n'aura pas assez de place pour se tourner et faire son travail d'usure, à l'aide de son diamant en bout de bec, avant de percer et perdra la vie.
Les accouveurs professionnels connaissent bien ce danger lié à l'hygrométrie ambiante, ils possèdent des incubateurs, parfois en surpression, avec un sas d'accès, l'hygrométrie est contrôlée en permanence car certains incubateurs contiennent 5000 oeufs et un défaut d'humidité pourrait mener à une grande perte.
Regrettablement, les incubateurs du commerce
proposés pour les amateurs et particuliers sont assez
aléatoires sur l'hygrométrie, afin de proposer des prix
attractifs.
Très souvent, l'humidité interne est produit par des
éponges ou des bacs à eau, ce qui n'est pas
contrôlable.
Certains modèles possèdent même des trous dans la
carlingue, soit disant pour donner de "l'air aux oeufs", ce qui est
parfaitement débile :
Lorsqu'on ouvre la porte d'un incubateur et que l'on observe
l'hygromètre, on remarque que l'hygrométrie
s'écroule en moins d'une minute et que pour revenir à
la valeur souhaitée, cela peut prendre une heure.
Il existe dans le commerce des diffuseurs
d'humidité.
Pour cette étude, nous en avons acheté un
destiné aux chambres d'enfants ayant des problèmes
respiratoires :
Cet appareil peut sembler un peu grotesque
d'apparence mais c'est sans importance, les critères qui l'ont
défini sont :
Un prix attractif, autour de 50 euros, sa puissance, sa
facilité d'adaptation sur n'importe quel incubateur, un
réglage aisé, et possède en supplément un
ioniseur de destruction microbienne.
Un système piézo-électrique produit une vapeur
d'eau dite froide.
On entend par "vapeur froide" une vapeur à température
ambiante, ce qui ne perturbe pas la température interne de
l'incubateur.
D'origine, la vapeur d'eau monte par un tube interne et sort par les
oreilles du nounours, pour être diffusé dans la chambre
d'enfant.
La tête du nounours est simplement
posée sur le réservoir, nous n'en aurons pas besoin,
elle est enlevée.
Adaptation :

Vu de dessus : La poignée à trois
anses, sert à désolidariser le réservoir de son
embase lors des remplissages d'eau, elle peut être
percée facilement.
Pour cela, nous avons employé une scie cloche de 50mm, en
perçant à l'aplomb du tube interne de sortie de la
vapeur.

On emboîte alors simplement un tuyau
annelé de 40mm de diamètre,
récupéré sur un aspirateur, on l'enfonce dans le
tube interne et on adapte l'autre extrémité sur
l'incubateur.
S'il s'agit d'un incubateur ventilé, on
préférera diffuser la vapeur d'eau dans le soufflage ou
l'aspiration de l'air.
Bien entendu, si votre incubateur possède des trous dans sa
carlingue, il est impératif de les boucher avec du ruban
adhésif large !

Sur cette photo de notre prototype, deux jours
avant éclosion, les oeufs sont descendus des plateaux
basculants dans l'éclosoir.
On remarque le tube vapeur qui traverse la cloison, passe
derrière l'éclosoir et se termine derrière le
déflecteur d'air en tôle.
Des micros ultra-sensibles permettent de savoir où en est le
travail des poussins et si l'un d'eux a percé.

Le panneau de contrôle :
A gauche, le régulateur principal de température, puis
le régulateur secondaire en cas de défaillance, ensuite
le régulateur hygrométrique, au 8ème jour, il
indique 75%HR.
A droite, l'horloge chargé du basculement des plateaux toutes
les cinq heures.
Vous ne possédez sans doute pas un incubateur donnant une température stable au dixième de degré et un régulateur hygrométrique stable au dixième de pour-cent, ceux-ci étant pilotés par des sondes au platine coûteuses mais pour les études, nous devons être le plus précis possible.
Un hygrostat mécanique vous conviendra, il est préférable qu'il soit relié à une prise femelle, permettant de débrancher l'humidificateur en cas de besoin, ne serait-ce que pour son entretien.
Prévoyez un hygromètre pour
contrôler la valeur de l'hygrostat, il y a parfois des
dérives d'échelle.
On trouve des hygromètres électroniques dans le
commerce, souvent chez les opticiens.
Réglages :
Les meilleurs résultats pour la température sont de 37,5°C à 37,7°C maxi, tout au long de l'incubation.
Le premier jour d'incubation
l'hygrométrie doit être de 60 à 65%HR.
On augmente progressivement pour atteindre 80 à 85%HR en fin
d'incubation.
Il faut chercher le meilleur compromis de
réglage de l'humidificateur, le bouton tourné trop
à gauche ne produira pas assez de vapeur, à l'inverse,
le bouton tourné trop à droite, produira trop de vapeur
et l'hygrostat provoquera des cycles courts.
A vous de faire des essais préalables.
Très important : Le remplissage du réservoir doit se faire exclusivement avec de l'eau déminéralisée, l'eau du robinet contient du chlore mais surtout du calcaire qui détériorerait la membrane piézo-électrique.
Vous pouvez trouver sur Internet des
fournisseurs qui proposent des humidificateurs pour chambre
d'enfants, l'important est de trouver un appareil qui n'ait pas une
trop grande puissance, afin de pouvoir le régler pour un
débit convenable.
A vous de faire des recherches sur le web.