Il faut tout d'abord
garder à l'esprit que la majorité des oiseaux observe
le cycle saisonnier pour se reproduire.
La reproduction des
prédateurs vient peu de temps après, afin de pouvoir
trouver des proies pour leurs petits, ceci est un cycle très
précis.
Il y a des exceptions, comme pour les hirondelles, la reproduction
est plus tardive, généralement les petits naissent en
juin.
Ceci n'est pas un hasard car les hirondelles sont insectivores et la
période de prolifération des insectes se situe aux
périodes orageuses de juillet et août, les jeunes
doivent accumuler rapidement des réserves pour la migration
qui intervient à la mi-septembre.
Si la saison est fraîche et qu'il n'y a que peu d'insectes, il
y aura peu de naissances, à l'inverse, s'il y a
prolifération d'insectes, les hirondelles pourront faire deux
couvées.
Les gallinacés
sauvages ne pondent qu'une fois par an, pour la reproduction.
Nos gallinacés, dits domestiques, pondent toute
l'année, entrecoupé par des arrêts pour
la régénération de la grappe de vitellus, pontes
et arrêts sont aléatoires et dépendent de la
morphologie de chaque poule.
Cette modification est la suite de nombreuses sélections
pratiquées par l'humain, favorisant la ponte et aussi parce
que nos gallinacés vivent en milieu artificiel, en ayant
une alimentation constante toute l'année.
Néanmoins, leur métabolisme suit un cycle intimement
lié au cycle saisonnier.
Si vous voulez obtenir des poussins, forts, vigoureux et
résistants aux maladies, il est impératif de respecter
la bonne période.
Description du cycle :
1) En février, l'allongement des journées et l'apport
de rayons UVB va déclencher une modification du
métabolisme : Les testicules des coqs vont augmenter de
volume, jusqu'à trois fois, (300%), l'ovaire gauche des poules
va produire des vitellus de haute qualité.
2) Dès la fin février au début mars, ce sont les
accouplements.
3) A la mi-mars, c'est la grande ponte annuelle, les oeufs
seront fécondés avec des ovules et du sperme au top
niveau.
4) Avril ce sont les couvaisons.
5) Fin avril à mai, les naissances.
Les anciens ayant
remarqué cette particularité, ont fait coïncider
la fête de Pâques, avec des symboles qui
représentent des oeufs, des grosses poules qui couvent et les
naissances de poussins, ce n'est donc pas un hasard.
Mais ceci ne s'arrête pas là, les naissances à la
bonne période permettent un bon devenir.
Les poussins ont reçu le meilleur de leur parents et aussi une
bonne protection immunitaire, par les nombreux anticorps contenus
dans la partie visqueuse du blanc d'oeuf.
6) Fin mai, les poussins vont pouvoir profiter des meilleures
protéines végétales de la nature en éveil
et aussi des protéines animales apportées par les vers,
insectes et animalcules.
On ne peut remplacer cette alimentation très riche par une
alimentation chimique, dite de démarrage.
7) Octobre, les poussins mâles chercheront leur chant de coq
qui sera unique.
8) Novembre, les poussins femelles deviennent poulettes et font une
ponte d'essai.
Novembre, c'est aussi le moment où les gallinacés vont
faire des réserves de graisse pour tenir l'hiver, (il n'y a
pas de mue la première année).
En respectant ce cycle, en février suivant, les jeunes
pourront reproduire à leur tour, ainsi, on peut maintenir les
races au maximum de leur qualité.
Regrettablement, il peut y avoir des
décalages à cause de saisons non propices ou
décalées mais il faut retenir qu'il ne faudrait jamais
laisser naître des poussins après le 1er juillet.
Les organes reproducteurs des parents réduisent leur
activité, le nombre de naissance par rapport au nombre d'oeufs
mis en incubation réduit également.
Les poussins tardifs ne reçoivent pas
génétiquement le meilleur de leurs parents et peu
d'anticorps maternels, même s'ils sont nourris avec des
pâtées nutritives, ils quitteront leur mère au
bout d'un mois ce qui mène au mois d'août et ne pourront
bénéficier d'une alimentation naturelle apportée
par la nature car en août il n'y a plus grand chose de nutritif
dans la végétation, réduction des insectes et
animalcules dans le sol, ce seront des sujets fragiles, souvent
malades, ayant une espérance de vie réduite.
Les poussins nés encore plus tardivement auront du mal
à survivre car il faut savoir qu'un poussin ne possède
sa propre thermo-régulation qu'à l'âge d'un mois
et une mère poule n'est pas une centrale
thermique.
Si on
élève en éleveuse artificielle, il faut que
celle-ci possède une régulation thermique
précise, afin de faire un programme dégressif de la
température sur un mois, tout en observant l'attitude des
poussins car à la température s'ajoute les
phénomènes hygrométriques, qui influent sur la
température de la surface de la peau par
évaporation.
Si des poussins naissent en octobre, leur plumage sera insuffisant à l'approche de l'hiver, ils ne seront adultes qu'en avril, ils rateront la bonne période de reproduction, et leur première mue sera décalée.
Nos conseils : Dès le 1er février, il faut supprimer
les graines oléagineuses comme le tournesol apportant trop de
lipides et remplacer par des graines protéiniques comme le
cardy, à défaut de l'orge.
Si possible, donner des viandes ou du poisson.
Il faut donner en eau de boisson des vitamines sérieuses, en
particulier la A, E et D3, sur un programme d'au-moins cinq
jours.
Si vous faites de l'incubation artificielle, commencez à
stocker les oeufs vers le 15 mars, vous pourrez lancer l'incubation
en avril.
A savoir : Les oeufs
peuvent se conserver un mois, à une température
n'excédant pas 14°C, il est bon de les placer dans des
boîtes d'oeufs en carton, sur lesquelles on pulvérise un
peu d'eau.
L'humidité ralentit le développement de la poche
à air des oeufs.
Sur ce point également, il faut observer la nature : Une poule
sauvage cherche à faire son nid à l'abri du soleil et
de la pluie mais dans un sol humide, les oeufs se conservent
parfaitement, les embryons sont en vie latente, ensuite, la poule
entre en couvaison et tous les embryons démarreront au
même moment, sans influence du décalage de temps dans la
ponte.