Lorsque l'on désire posséder un petit élevage, avant d'acquérir des sujets, il est indispensable de préparer le poulailler et un parcours.
Pour le poulailler, on n'est
pas obligé de se tourner vers le traditionnel petit chalet en
bois, assez coûteux mais d'anticiper les périodes
chaudes et les périodes froides avant de construire et surtout
en portant du soin à l'isolation.
Dans la mesure du possible, l'ouverture du poulailler doit-être
dirigé du côté Est, (le levant), prévoir
un auvent permettant que les sujets puissent s'abriter.
Ne pas mettre de caisses en bois en guise de pondoirs, préférez des toilettes pour chats, le modèle le plus simple, les poules adorent être dans un endroit protégé pour pondre et cela se nettoie facilement :

Les perchoirs ne doivent pas
être en hauteur, il y a risque de mauvaise chute et de foulure,
30 à 40cm du sol sont suffisants, l'important est que les
sujets ne soient pas atteint par les parasites.
Voir comment faire des barrières aux parasites, cliquez
ici.
Les rongeurs et
prédateurs sont un danger permanent.
Si l'on ne veut pas avoir de multiples galeries sous le poulailler,
une disparition conséquente des céréales, qu'une
fouine ou autre prédateur fasse un carnage, une chape en
béton est indispensable.
Toutefois, la réalisation par une entreprise
spécialisée est coûteuse et la personne
désireuse d'avoir un poulailler n'est pas censée
être maçon ou est en location et n'a pas le droit de
construire une chape de béton.
Voici une technique simple, rapide et démontable :

Certains murs de clôture
sont constitués de plaques en béton, maintenues entre
des poteaux, de dimensions 2,50m x 0,50m, elles peuvent être
posées sur le sol, coupées à dimension avec une
disqueuse, puis calées pour mise à niveau, ensuite, le
poulailler peut être fixé dessus.
Ces plaques se trouvent chez les marchands de matériaux de
construction.
Rien n'empêche de poser un carrelage peu coûteux ou un
revêtement de sol sur ces plaques, pour faciliter les
nettoyages, les traitements désinfectants et insecticides qui
ne doivent pas aller en terre.
Le passage d'une ligne électrique est également à prévoir, pour s'éclairer et intervenir lors des journées courtes et éventuellement pour alimenter un petit chauffage.
Pour le parcours, il faut entourer avec un grillage de 2,00m au-dessus du sol, au risque qu'un grand chien errant ou du voisinage puisse sauter, en prévoyant qu'une partie doit être enterrée ou prise dans une fondation en béton, interdisant aux prédateurs de creuser au-dessous.
Ces dispositions doivent
être prévues au départ car une fois que les
sujets sont en place, il est difficile de faire des
modifications.
Le parcours sera ensemencé avec une pâture riche, par
exemple un Ray-grass lolium pérenne.
Plusieurs points importants :
1) S'il n'y a pas de sujets en
place, les arrivants seront placés immédiatement dans
le poulailler avec nourriture et boisson, porte fermée.
S'il y a déjà des sujets, les arrivants seront
placés dans le poulailler dès que la quarantaine sera
terminée.
Ceci parce que les sujets arrivent dans un nouvel environnement et
qu'il va leur falloir un point de référence.
Le cerveau des gallinacés et autres oiseaux contient une
fonction plus performante qu'un GPS, les coordonnées
d'arrivée sont enregistrées.
Par exemple, si on emporte des pigeons à des kilomètres
avec un véhicule, lorsqu'on ouvre la cage, les pigeons
s'élèvent dans le ciel, font trois tours puis vont en
ligne droite à leur pigeonnier.
Les hirondelles font 6000kms chaque année pour revenir
à leur nid.
Encore de nos jours, les scientifiques s'expliquent mal cette fonction fondamentale, ils la constatent, c'est tout.
En mettant vos nouveaux sujets
directement dans le poulailler, ils auront largement le temps
d'enregistrer les coordonnées géométriques, au
bout d'une heure, ouvrez la porte et laissez faire, il y aura un
apprentissage intelligent de l'environnement et à la
tombée de la nuit, ils reviendront au poulailler, leur nouveau
point de base.
Dans la nature, chez les gallinacés sauvages, cette fonction
permet à une poule en couvaison de faire des kilomètres
pour trouver sa nourriture et de retrouver son nid sans se
tromper.
Si à l'arrivée,
vous mettez les sujets dans votre terrain, il n'y a pas de point de
référence de base, au soir, ils ne savent pas où
aller, on se retrouve alors avec des poules qui se couchent dans les
arbres ou sous des taillis.
On a alors du mal à les retrouver et encore plus de mal
à leur apprendre que c'est dans le poulailler qu'il faut
dormir.
2) Dès l'arrivée,
il faut vitaminer les sujets avec des produits sérieux, afin
de réduire l'effet de stress dû au changement de
propriétaire et d'environnement.
Le stress est un abaissement spectaculaire des défenses
immunitaires, les vitamines sont la nourriture des lymphocytes qui
fabriquent les anticorps, ainsi, les risques de contracter une
maladie sont réduits.
S'il y a déjà des sujets en place, une quarantaine de
10 à 15 jours est fortement recommandée car ils
pourraient être en incubation d'une maladie contractée
chez l'éleveur, ce délai permet à une maladie X
de se déclarer et évite une contamination des sujets en
place.
3) S'il y a des sujets en
place, ne jamais incorporer
une poule seule.
Comme dit plus haut, il y a déjà le
phénomène de stress engendré par le changement
d'environnement qui va être accentué par
l'agressivité des poules en place, de ce fait, la nouvelle va
être bousculée, piquée, elle ne pourra pas
accéder à la nourriture ni à la boisson, elle va
déprimer, pourra sombrer en dépression et dans le pire
des cas, se laisser mourir.
Incorporer deux poules minimum est complètement
différent, elles se soutiennent mutuellement et s'il y a une
poule agressive en place, elle ne pourra pas s'en prendre aux deux
nouvelles en même temps.
Ensuite, elles feront connaissance en visuel et par l'odeur, elles
prendront progressivement leur place à un niveau X dans la
hiérarchie.
Sur cette photo, malgré
les différentes races et les poids, (les Cochinchinoises
dépassant 5Kg et les Nègre-soies rousses de 800g),
convivialité et harmonie au moment de la friandise.
Ces poules sont libres dans la journée mais le soir elles
retournent dans leurs poulaillers respectifs et ne se trompent
pas.
On remarque toutefois que dans une même race, il y a une
préférence de coloris, ainsi, on remarque souvent que
les rousses sont avec les rousses, les blanches avec les blanches,
les noires avec les noires, etc., c'est courant mais pas
systématique.
Dans les cours de ferme, c'est encore plus diversifié, on
remarque des palmipèdes, oies, canards, bernaches, cygnes,
etc., vivre en bonne entente avec différentes races de poules,
dindes, dindons, pintades, paons, des chats, des chiens, des
ânes, des chevaux, des bovins, l'important est que chacun
possède son petit territoire.
Mais bien sûr dans une ferme les surfaces sont
conséquentes, un particulier devra veiller à ne pas
avoir trop d'animaux sur une surface réduite, ce qui peut
mener à des conflits.