La ponte interne.

Plusieurs pathologies peuvent provoquer une ponte interne.
Pour comprendre le fonctionnement, voici la photo d'une poule saine au niveau de l'appareil reproducteur :

Autopsie.

Le mécanisme de la ponte faisant l'objet d'une rubrique, en voici quelques rappels :
La grappe ovarienne contient les vitellus produits par l'ovaire gauche, qui croissent progressivement pour devenir des jaunes.
On voit sur cette photo un jaune qui commence à glisser dans le haut de l'oviducte, (le pavillon).
Le jaune va suivre l'oviducte où il recevra les membranes coquillières, de l'eau très pure, le blanc, puis il atteindra le segment avant le vagin, (l'utérus), endroit où se forme la coquille.
L'oeuf terminé atteint le cloaque, c'est une chambre où aboutissent le rectum, le vagin et les uretères, (les deux conduits urinaires).
La sortie se fait par évagination hors de l'anus qui ferme le cloaque.

On comprend aisément qu'il est impossible de sentir un oeuf par palpation, l'oviducte étant situé sous la colonne vertébrale.
Pour faire cette photo, le foie, les intestins, le gésier qui se trouvent dans l'abdomen ont été enlevés.

(Nous parlons bien du côté "gauche", qui se trouve à droite sur la photo, l'animal étant sur le dos pour l'autopsie)


La ponte interne par obésité :

Ponte interne par excès de gras. 

Lorsqu'une poule a un excès de maïs dans son alimentation ou qu'on lui donne trop de restes de tables riches en lipides, il y a tout d'abord un stockage de graisse dans le bas de l'abdomen.

En palpant le derrière de la poule, on peut sentir des bourrelets de graisse qui forment comme une couronne de laurier, dans ce cas, il est impératif de corriger son alimentation, sinon, la graisse va se déposer sur d'autres endroits.

On voit que cette poule a le coeur entouré de graisse, cela peut finir par un arrêt cardiaque.

Mais la graisse s'est également déposée sur l'oviducte, gênant le passage des jaunes.
En regardant bien cette photo, on devine des jaunes bloqués dans l'oviducte.

La fine membrane du pavillon s'est rompue mais les jaunes provenant de la grappe ovarienne continuent de croîtrent, ils passent alors à côté du pavillon et tombent dans l'abdomen.
A cette suite, ces jaunes vont "cuire" puis se dénaturer, il y aura infection et la poule perd la vie d'une septicémie.

Aucun traitement, aucune intervention chirurgicale n'est envisageable, il est indispensable de corriger l'alimentation avant la catastrophe.
En hiver, la poule a besoin de graines oléagineuses tel le maïs et le tournesol pour résister au froid.
Au printemps il faut penser à supprimer le tournesol et réduire la ration de maïs, on compense par de l'orge et de la brisure de riz cru.


La ponte interne suite à une MRC (Maladie Respiratoire Chronique).

Une maladie respiratoire n'est pas systématiquement accompagnée de toux de râles et de jetage, cela peut-être discret et passer inaperçu.

Progressivement, du pus va se déposer à l'intérieur de l'oviducte et le remplir entièrement, si on s'aperçoit que la poule est malade et qu'on la traite, même si elle est parfaitement soignée, cela ne changera rien, le pus ne s'en ira pas de l'oviducte et si la poule forme une grappe de vitellus, les oeufs ne pourront pas passer.

Septicémie. 

Avant même de commencer l'autopsie, on sait ce que l'on va découvrir. Aspect signalétique, le bas de l'abdomen est très gonflé avec une couleur bleue/verdâtre, on devine le bas du sternum, (en V) séparé par le bréchet, la peau recouvrant l'abdomen et supportant le plumage va d'une couleur normale vers le haut et se dégrade vers le bas pour devenir verte.

Aucun doute, il s'agit d'une septicémie, des oeufs, cuits, ont stagné et provoqué un empoisonnement.

L'agonie est longue, l'accumulation des jaunes d'oeufs peut durer plus d'un mois.

L'animal est lent mais continu de se nourrir.

Par palpation on sent que l'abdomen est dur et gonflé, comme s'il s'agissait d'une infestation de vers, lorsque l'abdomen est gonflé et mou, il s'agit d'une ascite, lors de la maladie tumorale l'abdomen est alors assez souple.
La poule prend du poids lors d'une ponte interne, alors qu'elle en perd lors d'une infestation de vers.

Il est raisonnable de songer à l'euthanasie car malheureusement tous traitements sont illusoires.

Septicémie.

Que de dégâts lorsque l'on extrait l'oviducte : Complètement colmaté et éclaté à plusieurs endroits, difficile d'imaginer la souffrance que devait endurer cette poule...

Tumeurs sectionnées.

Lorsque du pus stagne dans l'oviducte, il peut y avoir formation de petites tumeurs bénignes, sur cette vue en coupe, d'anciennes tumeurs, on voit au centre comment cela a démarré, c'est le noyau, parfois, la poule peut les expulser mais si elle n'y parvient pas, les tumeurs grossissent, elles deviennent malignes et libèrent des métastases.

Comme il est dit plus haut la membrane qui constitue l'oviducte est très fine, comme la peau d'un boudin blanc, extensible pour permettre le passage des oeufs mais son extensibilité à une limite à la rupture.


Pancréatite :

Pancréatite.

Pancréatite aiguë, avec hypertrophie de la vésicule biliaire, provoquée par une ponte interne, ne pas confondre avec une pancréatite chez un animal diabétique.


Autres pontes internes :
Par l'installation de tumeurs sur le pavillon de l'oviducte, très souvent quand la poule a reçu au stade poussin une alimentation composite, comme de la miettine ou des granulés.

Congénitialité : Malformations propre à l'animal, principalement par excès de consanguinité.
Ou malformation chez une poulette ayant survécue à la maladie de Newcastle.

Dans tous les cas, il n'y a rien à faire, comme vous l'avez vu, pour atteindre l'oviducte il faudrait sortir les autres organes, impossible d'opérer par le dessus, il y a la colonne vertébrale et les côtes.
Et même si l'on pouvait atteindre l'oviducte, la membrane est tellement fine qu'une suture serait impossible.

C'est le revers de la médaille, la nature a pris tellement de soins pour préserver l'organe de reproduction et le rendre inaccessible, que l'on ne peut intervenir.

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