Tout d'abord, il ne faut pas confondre l'arthrite et l'arthrose qui est à base rhumatismale.
Il y a plusieurs formes d'arthrite.
1) L'arthrite virale : Il n'existe aucun
traitement, dans les élevages à forte population, seule
la vaccination peut prévenir de cette maladie.
La transmission peut se faire verticalement, par des oeufs
infectés, l'incubation de la maladie étant très
longue, les poussins atteints transmettent la maladie aux poussins
sains derniers nés.
2) Arthrite à base de mycoplasma gallisepticum.
3) Arthrite à base de staphylocoques.
Dans ces deux derniers cas, il est possible de soigner avec un antibiotique ciblé et à condition de ne pas attendre car mycoplasmes et staphylocoques sont très petits, ils se logent dans les capsules articulaires et comme celles-ci sont peu vascularisées, l'action de l'antibiotique doit se faire parfois sur de très longues durées.
Diagnostique : l'animal commence par boitiller, suivi d'une perte d'équilibre, puis ne peut plus se mettre debout, généralement, cela commence par une patte, puis la deuxième est atteinte, le temps passant, les pattes sont comme paralysées.
Ne pas confondre avec la maladie de Marek, qui concerne une maladie virale suivie d'une installation progressive de tumeurs dans différents organes et sur les nerfs moteurs, dans ce cas, les pattes, les ailes et le cou deviennent flasques, puis paralysés, avec une mortalité rapide, alors que l'arthrite bactérienne est une longue maladie commençant par une faiblesse des membres inférieurs, suivie d'une impossibilité à supporter le poids de l'animal, non d'une paralysie au sens propre du terme.
Forme clinique : L'arthrite bactérienne
survient souvent à la suite d'une maladie respiratoire mal ou
non soignée, d'une blessure qui provoque une ulcération
des tissus ou d'une autre affection, l'animal ayant une chute de ses
défenses immunitaires, les mycoplasmes en profitent pour
s'installer dans les capsules des articulations, (synovie
infectieuse), parfois dans les gaines des tendons et des nerfs.
L'autopsie démontre la présence d'un pus gris dans les
capsules articulaires.
Il faut soigner la primo-infection et
l'arthrite avec un antibiotique à large spectre pouvant
être administré en longue durée, parfois une
bi-thérapie est nécessaire.
ETUDE D'UN CAS :
La définition du mécanisme pathologique de l'arthrite bactérienne et la mise au point de son traitement ont été définis en 2003.
Lorsque l'on nous a apporté Pimousse,
une Rhode Island, celle-ci souffrait d'une arthrite, causée
à la suite d'une bronchite infectieuse persistante, d'une
infestation parasitaire de l'intestin, (vers) et d'une
coccidiose.
Mais Pimousse ayant une volonté peu commune, nous avons
tenté le tout pour le tout.
A son arrivée, Pimousse était bloquée dans sa paille, se servant de son bec en appui.
Par cette position, elle ne pouvait plus se nourrir, nous avons dû la nourrir artificiellement à l'aide d'une sonde et d'une grosse seringue emplie d'une pâtée énergétique.
La priorité était de soigner sa forte bronchite, ce que nous avons fait à l'aide d'un antibiotique de la famille des Bétalactamines.

Au bout de 7 jours, l'antibiotique ayant donné satisfaction, Pimousse arrivait à se redresser et parvenait à manger seule du yaourt dans un pot de verre enfoncé dans la paille, (le yaourt est important pour entretenir la flore intestinale).
Le problème bronchiteux étant
réglé, nous avons choisi de traiter l'infection
parasitaire, ceci laissant le temps d'élimination
nécessaire de l'antibiotique n° 1
L'infection parasitaire étant éradiquée, nous
avons fait le choix d'un antibiotique de la classe des cyclines de
2ème génération, pour traiter
l'arthrite.
Parallèlement au traitement, nous avons
fait l'étude d'une thérapie psychologique : La
propriétaire de Pimousse, nous dirons "sa maman", enregistrait
des messages vocaux, qu'elle nous envoyait par E-mail et que nous
passions tous les soirs à Pimousse.
Sur cette photo, on remarque les efforts qu'elle fait sur ses pattes,
Pimousse cherchant à se redresser pensant voir sa maman sur
l'écran.
Quand Pimousse est arrivée, la mesure de
contrainte sur la patte gauche était de 150g et pratiquement
nulle sur la patte droite.
Ces mesures nous permettaient de contrôler l'action
antibiotique, (en 15 jours, une poussée de 1 300g fut
atteinte, mais encore insuffisante, Pimousse pesant 1
900g).
En parallèle au traitement nous avons
ajouté un anti-coccidien à base de sulfamides.
Veuillez noter que suite aux traitements, les fientes deviennent
liquides et que l'animal ne pouvant se dresser, le ventre se souille
rapidement, malgré la paille de la litière souvent
changée.
Il est donc nécessaire de laver l'anus et l'abdomen avec un
savon neutre, afin d'éviter les risques d'irritation et de
ponte de mouche.
Si vous devez vous trouver dans une situation similaire, n'omettez
pas ce risque permanent.
Pimousse ne marchant plus depuis longtemps, une
ré-éducation était indispensable.
Tout d'abord, bains de terre quotidiens.

On remarque sur cette courte vidéo, les efforts considérables que fournit Pimousse pour se lever.
Le plus important est que l'animal soit combatif et qu'on le motive pour cela.
En plus des bains de terre, l'adaptation d'un ustensile est primordiale, il ne s'agit pas de faire compliqué, mais utilitaire, ainsi ce panier à pieds emboîtables de différentes hauteurs, dont une découpe a été pratiquée sur le fond et posé sur un torchon anti-dérapant est parfait :
___
Chaque jour, Pimousse progressait au niveau musculaire, puis étant guérie de ses problèmes bactériens, elle a retrouvé sa maman qui a continué sa ré-éducation.
Belle histoire d'amour entre cette dame et cette poulette qui vivent en appartement, à ce sujet, une fois encore nous insistons sur le fait qu'un virus ou une bactérie ne s'arrête pas à votre paillasson, ni à la porte de votre poulailler, le risque est présent tant en ville qu'à la campagne.
Et un matin, sur le balcon de la maman de Pimouss, la récompense des efforts communs :

Ne restait plus qu'à attendre la
repousse des plumes à la prochaine mue, de tailler le bec et
de limer les ongles ayant trop poussé par
inactivité.
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