Les abcès proviennent par l'intrusion de bactéries se développant localement.
Ils peuvent se produire dans n'importe quel endroit du corps, on les trouve le plus souvent sur l'anus, lorsque un oeuf plus gros que les autres provoque une déchirure, ou lorsque la poule après avoir pondu est chassé par une autre poule, avant que le vagin ait repris sa place et qu'elle donne un coup de bec dans ce qui dépasse.
Les abcès plantaires sont également fréquents : Lorsqu'une poule gratte le sol et qu'il y a un morceau de verre, débris métallique, silex, clous, etc..
Les épines de divers végétaux et échardes provoquent des abcès, qui, s'ils ne sont pas soignés se transforment en flegmons.

Abcès plantaire par inclusion d'un corps étranger, une croûte empêche l'écoulement du pus.
La croûte enlevée découvre
un abcès.
Anesthésie locale, l'incision doit être la plus petite
possible pour permettre l'évacuation du pus, tout en
permettant à la poule de marcher.
Outre le pus, nous enlevons les fragments d'une écharde.
L'intérieur du coussinet plantaire est rempli avec une pommade
antibiotique à base d'Auréomycine ou de
Gentamycine.
Pansement non oclusif.
10 jours plus tard, récidive de l'infection, mais cette fois,
le coussinet plantaire est dur, il y a mutation de la bactérie
et nous devons opérer de nouveau.
Cette fois, une anesthésie totale de la patte est obligatoire,
l'incision devant être faite en profondeur.
Une couronne de pus caséeux, (consistance de mastic), emplie
le coussinet et empêche un écoulement normal.
Après avoir cureté le coussinet,
nous pratiquons l'ablation d'une tumeur non cancéreuse avec
ses racines que l'on voit sur cette photo, désignée par
le scalpel.
On imagine aisément la place occupé dans la
patte.

L'opération dure 1h30, nous devons
travailler avec précautions car il faut passer entre les nerfs
et les tendons pour nettoyer.
Stauk Meyer parcourt la plaie avec le tube d'une pompe à vide
et arrive à extraire l'écharde en putréfaction
que l'on voit sur cette photo.
Longueur 2,5cm.
L'écharde avait
pénétré par le coussinet, contourné
l'articulation et soulevait une écaille.
La gangrène n'était pas loin...
Il fut indispensable de faire durant 8 jours des injections
d'anti-septicémique, (Gentamycine), en alternance entre les
doigts et dans le coussinet.
Une fois encore, un pansement non oclusif pour
permettre les écoulements de pus résiduels.
C'est à dire qu'il s'agit d'un pansement constitué de
gaze et d'un adhésif multi trous, genre Hypafix.
Si vous devez être en présence d'un abcès, il ne
faut pas attendre d'en arriver à cette
extrémité, que vous ne pratiquerez sans doute pas mais
retenez ce point IMPORTANT : Vous devez agir le plus vite possible,
pratiquer une petite incision, un abcès est toujours
près de la surface et surtout s'il y a présence,
enlever le corps étranger immédiatement.
Avec une simple pince à épiler, c'est assez
facile.
Tant que le corps étranger n'est pas extrait, il n'y a pas de guérison possible, les anticorps tendent à désagréger l'intrus, il y a formation de pus continuel et il est de plus en plus difficile de faire une extraction sans ouvrir, de plus les bactéries entrent en mutation et vous ne les aurez pas avec un antibio classique.

Autres cas :
La poule ne boîte pas mais on remarque que sa patte gauche est enflée.

Si l'on ne voit pas tout de suite, une petite lésion peut s'étendre en circonférence et faire la surface du coussinet, dans ce cas, on ne s'en aperçoit bien souvent que lorsque la patte est enflée.

D'abord une anesthésie locale, on piquera au moins à trois endroits autour de la nécrose.

Il faut découper autour des tissus
nécrosés, enlever le morceau et bien
désinfecter.
Une suture n'est pas envisageable, on mettra uniquement sur la plaie
et le pansement, une crème antibiotique, par exemple de
l'Auréomycine, afin de former une barrière aux
bactéries et de détruire celles qui auraient pu rester
dans la plaie.
La cicatrisation sera plus longue par rapport à une incision
mais les tissus se reformeront, bien entendu, une anesthésie
locale est indispensable.
Epine simple :
A l'inverse du cas précédent, il ne peut s'agir que d'un simple point sur le coussinet, à la différence, la poule boîte, c'est qu'il y a présence d'un corps étranger comme une épine, on remarque également un gonflement par rapport à la patte saine.
On fera alors une incision pour enlever le pus
et à l'aide d'une lancette on cherchera le cheminement de
l'épine.
Une fois cureté ne pas hésiter à faire passer un
désinfectant de part en part comme du Dakin ou du Diaseptyl
à l'aide d'une seringue sans aiguille.
Les soins, anesthésie et pansement seront les mêmes
qu'au début de cet article.
Il n'est pas utile de suturer, si le pansement est correctement fait, l'incision se refermera seule. On remarquera sur cette photo que l'incision se trouve à côté du point où l'épine s'est introduite, afin de ne pas la détériorer et de pouvoir la sortir entière. Notez que le gonflement de la patte est résorbé.
Il est évident que les poules sont beaucoup plus sujettes aux abcès plantaire que les coqs, dans la mesure où elles passent leur temps à gratter la terre.
Faisant suite à un abcès plantaire, n'ayant pas été traité au premier stade, l'infection a progressé entre les tendons et les tissus au-dessus et entre les doigts présentant une hypertrophie interdigitale.
On remarque sur le côté
extérieur de la patte gauche, (à droite sur
l'écran), qu'il y a eu un percement spontané, sans
doute lorsque le pus était assez liquide.
Ensuite, le pus se solidifie et il n'y a pas d'autres solutions que
d'ouvrir.

Comme supposé, le pus a la texture du
mastic, impossible de le sortir autrement qu'avec un curetage, sur la
première boule, la valeur d'un cerneau de noix est
enlevé, autant au-dessous de la patte et un peu moins dans la
seconde boule.
Cette opération, sous anesthésie locale est très
délicate car il faut passer entre les tendons sans les
abîmer.
Savoir qu'il n'y a pas de muscle dans une patte, doigts et
articulations sont pilotés par des tendons venant du muscle
situé au-dessus des écailles de la patte,
comparé à l'humain : Le mollet.
Si l'on abîme ou sectionne un tendon, il est impossible de
revenir en arrière.
Cette opération dure 1h30, il n'est pas
possible de faire la deuxième patte le même jour,
d'abord parce qu'il y aurait une surdose d'anesthésique qui
passerait dans le sang, pouvant nuire au muscle cardiaque et qu'il
faut que l'animal retrouve la fonctionnalité de sa patte pour
se tenir debout.
Pour ce coq, il a fallut attendre plusieurs jours avant d'agir sur la
seconde patte qui a demandé le même temps d'intervention
et revenir une deuxième fois sur la première patte qui
se ré-infectait, malgré un antibiotique
général et un antibiotique local sous pansement
occlusif.
Voici bruno opéré pour la troisième fois, qui reprend de la vigueur, en compagnie d'une petite Bantam nommée Darling sur un balcon.
Après un mois de soins, la cicatrisation est parfaite, on ne voit même plus les cicatrices, la petite boule sur le métatarse de la patte gauche n'est pas liée, ce sont simplement des écailles qui vont tomber pour la mue.

Et voici Bruno, un mois et une semaine après son arrivée, il est repartit le lendemain chez sa propriétaire, à la grande joie de ses poules qui ne l'avaient pas oublié.