C'est à l'âge de six mois, plus ou
moins une semaine que la poule fait sa première ponte.
Son comportement est changeant, elle va de place en place pour
trouver l'endroit favorable pour pondre, le coq le sait, il fabrique
des nids, la poule est rarement satisfaite du premier ouvrage.
Elle est de mauvaise humeur.
Lorsqu'elle se plaque au sol en piétinant sur place et en
écartant légèrement les ailes, pour
réclamer un accouplement, on sait que le premier oeuf sera
pondu quelques jours plus tard.
La coquille du premier oeuf est presque
toujours taché de sang, ne pas s'inquiéter, ceci est
dû à l'évagination qui dilate l'anus et fait
claquer des vaisseaux.
On remarque des trainées de sang allant du côté
pointu, vers le côté rond, signifiant le sens de
progression.
Par observation du diamètre de l'anus, on sait si une poule a
déjà pondu ou non.
L'ovaire gauche produit des vitellus minuscules, assemblés en forme de grappe, progressivement, ces vitellus vont croître et devenir des jaunes, l'ovaire droit est inutilisé.

Sur cette photo, l'oeuf mature est dans la
dernière partie de l'oviducte, l'utérus, juste avant le
vagin, il ne comporte que sa double membrane coquillière,
c'est à cet endroit que le carbonate de calcium va être
injecté, il va ensuite se cristalliser pour former la
coquille, raison pour laquelle cet endroit de l'oviducte est
très vascularisé.
Durant cette phase, l'oeuf est rêche, il ne peut se
déplacer, s'il y a une déficience dans l'adjonction du
carbonate censé rendre la coquille lisse, malgré ses
efforts, la poule ne pourra l'évacuer, elle s'épuise
musculairement, raison du décès de cette poule.
On remarque sur cette photo d'autopsie que l'anus est dilaté,
que le vagin et le rectum ressortent, témoignant des efforts
s'étant soldés par un arrêt cardiaque.
Lorsque l'on remarque que la poule reste trop
longtemps dans son pondoir, que l'anus travaille beaucoup ou que les
organes commencent à ressortir, il faut donner un
décontractant musculaire pour que l'oeuf descende par
gravité et si cela ne donne rien au bout d'une demi-heure, il
faut entrer le doigt dans le vagin pour tenter de faire sortir
l'oeuf.
Bien se souvenir : Dans le cloaque le vagin se trouve à
gauche, la poule étant debout et vue de dos, il remonte
ensuite vers le croupion, (muscle qui soutient les plumes de la
queue) :
Les traits verts simulent les conduits, (la
poule étant sur le dos).
Il faut garder à l'esprit, que cette photo concerne une
autopsie, en temps normal, sur l'oviducte, se trouvent le foie, les
intestins et le gésier.
Il arrive que des personnes, palpant l'abdomen, croient sentir un
oeuf, ce qui est faux, ils font la confusion avec le gésier,
ayant une forme similaire et qui se trouve au bas de l'abdomen.
Si l'on tente une intervention manuelle, il faut faire très
attention, la paroi est fine, il est préconisé de
s'enduire généreusement le doigt de vaseline et de
tourner autour de la base de l'oeuf, ce qui lubrifiera le conduit et
permettra dans certains cas son glissement à
l'extérieur.

L'oviducte est un long organe creux, sur cette
Nègre-soie, déployé il mesure 40cm.
Le pavillon de l'oviducte "gobe" un jaune à maturité,
il arrive que deux jaunes, généralement plus petits,
soient gobés, cela donne un oeuf sur-dimensionné, nous
avons déjà vu des oeufs comportant trois jaunes.
Chaque segment de l'oviducte assure la fabrication de l'oeuf :
D'abord, les membranes coquillières vont entourer le jaune,
ensuite, en percutané, de l'eau très pure est
injectée, puis l'albumen, que l'on nomme le blanc, (visqueux)
et qui contient les anticorps maternels.
A ce moment, les membranes coquillières sont bien
gonflées, la forme de l'oeuf est définitive, il ne
manque que le carbonate de calcium qui sera excrété
sous forme liquide dans l'utérus, qui en se cristallisant,
formera la coquille dure.
Ce cycle dure en moyenne une vingtaine d'heures.
Selon la production de vitellus, dû à la morphologie de
la poule, certaines pondront un oeuf par jour, d'autres toutes les
48h00, parfois plus.
Il y a de ce fait un décalage horaire journalier, une poule
qui n'a pas pondu à la tombée de la nuit, ne le pondra
que le lendemain matin.
Dans des cas assez rares, il arrive qu'une poule ponde un oeuf le
matin et un deuxième le soir mais le lendemain elle ne pond
pas.
Le vagin, dernier segment de l'oviducte, sécrète un
mucus, sorte de vernis protégeant la coquille, c'est aussi ce
qui donne la couleur de l'oeuf : Blanc, beige à brun clair,
hyper roux pour la race Marans, bleu, vert, pour l'Araucana, etc., si
le vernis est transparent, l'oeuf restera blanc.
Lors de la ponte, l'oeuf est toujours propre car vagin et intestin ne
communiquent pas, il y a évagination, si l'oeuf est
souillé, c'est que la litière est sale.
Une fois pondu, la poule reste au-dessus de son oeuf, sans le
toucher, elle le protège, le temps que le vernis
sèche.
On se rend compte qu'il ne s'agit que d'un vernis, en passant
légèrement un morceau de papier de verre sur la
coquille.
Chez les poules couveuses, lorsque la grappe de
vitellus est épuisée, elles entrent en couvaison, ceci
fait partie du cycle de reproduction.
Chez les poules pondeuses, la grappe se renouvelle constamment,
certaines peuvent atteindre plus de 300 oeufs par an et ne peuvent
donc pas couver, elles n'en n'ont pas le temps.
En sectionnant l'oviducte, on remarque que le dépôt de carbonate s'est stoppé.

On remarque également que c'est bien le côté pointu de l'oeuf qui sort en premier.

Vue rapprochée où l'on voit les
différents stades des vitellus.
Le coeur est à l'avant et au centre de la poitrine,
protégé par le sternum, (bréchet), formant comme
une coque de navire.

L'ovaire gauche de la poule produit une grappe
de vitellus appelé grappe vitellienne.
On voit sur cette photo que les vitellus grossissent pour devenir en
finale le jaune d'oeuf.
Mais il peut arriver qu'un vitellus se détache de la grappe
avant terme, ce qui va donner un oeuf très petit, il ne faut
pas s'en inquiéter ceci arrive généralement en
début ou à la fin de la ponte.
Il arrive également que deux jaunes se détachent en
même temps, plus rarement trois jaunes, ceci provoque un oeuf
démesuré :

Sur cette photo, image du haut un petit oeuf
contenant un jaune minuscule et à côté un oeuf
démesuré contenant deux ou trois jaunes.
Image du centre un oeuf dont les membranes coquillères ne se
sont pas refermées, du blanc d'oeuf s'écoule par un
tube anormal.
Image du bas, le jaune et le blanc sont dans deux enveloppes
séparées par une fistule de communication.
Un oeuf est constitué de multiples
membranes : Deux membranes coquillères plaquées
à l'intérieur de la coquille qui se séparent
côté rond de l'oeuf, afin de constituer la poche
à air pour oxygéner le futur poussin, la membrane du
jaune est vascularisée, ceci pour véhiculer les
substances indispensables à l'embryon via le placenta qui le
feront croître.
Si l'ovule a été fécondé, l'embryon se
développera dans une membrane à l'intérieur du
jaune, c'est par le cordon ombilical reliant l'embryon à la
vésicule vitellienne, (placenta), que le futur poussin va
progresser.
C'est au moment où le spermatozoïde pénètre
dans l'ovule que le sexe du poussin est défini.
De fausses légendes affirment qu'un oeuf pointu donnera un
coq, qu'un oeuf rond donnera une poule, si la température
d'incubation est basse ce sera un coq et si la température est
haute se sera une poule.
Ce sont des balivernes, c'est bien au moment où le
spermatozoïde pénètre dans l'ovule que le sexe est
défini, il ne peut plus changer.
On entend que chez les reptiles, en particulier chez les tortues, que
la température définit le sexe, c'est également
faux ou plutôt mal interprété, si la
température d'incubation est basse les embryons femelles ne
survivront pas et inversement.
La coquille d'un oeuf est constituée de
multicouches de carbonate de calcium et recouverte d'un vernis de
protection, la cuticule.
Cet ensemble est poreux et forme un filtre moléculaire, pour
permettre le pump down, c'est à dire qu'aucun virus ni
bactérie ne pourra pénétrer dans l'oeuf,
seulement de l'oxygène dans la poche à air, par
évaporation de l'eau très pure côté pointu
de l'oeuf créant une dépression, un liquide ne passe
pas mais un état gazeux peut passer, par exemple en
restauration, un cuisinier met dans un bocal des oeufs et des truffes
pour en transmettre le goût.
Formes et couleurs diverses, un oeuf est
précieux, une merveille de la nature, on se doit de le
respecter, ce n'est pas à l'origine une nourriture pour
humains, ceci représente la continuité de
l'espèce, la poule et le coq le savent, lorsque la poule casse
son oeuf, c'est qu'il est imparfait : Poreux ou présentant une
micro-fissure que nous ne voyons pas mais que la poule voit donc un
coup de bec dans cet oeuf qui ne produira pas de poussin et comme
dans la nature rien ne doit se perdre, elle le mange.
Ne pas écouter la fausse légende disant qu'il ne faut
pas donner de coquilles d'oeufs à une poule, ceci
l'encourageant à manger ses oeufs, c'est complètement
faux, à l'inverse, si la poule casse ses oeufs, c'est qu'elle
est en déficit de carbonate, il faut alors lui donner de la
coquille d'oeuf à profusion, des coquilles d'huîtres ou
coquillages écrasés au marteau, du gruyère,
etc..
Nous terminerons avec une pensée pour cette poule, nommée Baccara, qui a permis cette étude par autopsie et que nous aimerions voir encore en vie.