Les mouches représentent de multiples
dangers.
Vecteur n° 1 de migration de maladies bactériennes et
virales.
Transmission du botulisme en se déplaçant sur les
charognes.

Les larves ou asticots, sont importants dans l'élimination des cadavres.

Vue de dos, on voit que cette mouche à
beaucoup de poils sur l'abdomen, ainsi que sur ses pattes, elle
pollinise des fleurs à odeur de charogne, malheureusement, ces
poils peuvent collecter des millions de bactéries et des
milliards de virus, ce qui rend véritablement grotesque les
mesures de confinement des volailles prises lors de la grippe
aviaire.
(Une mouche va où elle veut).
Il ne faut pas s'imaginer que Lucilia va exclusivement sur de la viande en décomposition, lorsqu'elle est en phase de pondre, elle va se satisfaire d'aliments ayant une légère odeur.
Pour cette raison, il ne faut pas laisser plus d'une journée des aliments frais dans les gamelles de vos poules et coqs, nous verrons plus loin pourquoi.
Lucilia n'aime pas pondre à
découvert.
A une température supérieure à 15°C :
Mettons en début de journée un bocal contenant de la
viande fraîche et recouvrons ce bocal avec un cache pot de
fleurs, noir de préférence et mettons le tout si
possible au soleil :
Le lendemain nous allons remarquer des amas
d'oeufs sur la viande et des mouches qui vont continuer de venir,
Lucilia a un odorat perfectionné, elle peut repérer un
aliment à des centaines de mètres, même bien
caché.
C'est le moment de mettre un couvercle perforé sur notre
bocal, pour éviter que d'autres mouches puissent venir et
fausser l'expérience.

Sur cet amas, environ 160 oeufs, notez que les oeufs ont déjà la forme du futur asticot, ils sont collants et restent agglutinés.
En 12 à 24h00 après la ponte, les larves vont éclorent et se déplacer sur la viande.
En grossissant, on voit que les larves sont équipées de crochets, leur permettant de rester fixées à la viande, qui au quatrième jour commence à sentir très mauvais, c'est par la secrétion d'enzymes que les larves vont dissoudre la viande pour pouvoir aspirer les protéines et faire des tunnels.

Cinq jours plus tard, nos asticots bien dodus
auront consommé toute la viande, il ne restera que les
nerfs.
Ils sont déchaînés et soulèvent les
débris sans difficultés.

L'odeur aura disparu, ainsi que toutes traces
de putréfaction.
Si les asticots sont en sur-nombre par rapport au volume de la viande
et qu'ils manquent de protéines pour assurer leur
métamorphose, alors les plus forts vont dévorer les
plus petits.

Voyant ce syndrome de cannibalisme, nous avons ajouté une cuillère de pâté pour observation.
Le cannibalisme a cessé
immédiatement.
24h00 plus tard, le pâté a été
absorbé, nous nous sommes interrogés sur ce qui n'avait
pas été mangé, ayant l'aspect d'une
éponge et en avons déduit que les asticots ne sont pas
stupides, ils mangent ce qui est viande mais délaissent ce qui
est chimique, comme les exauceurs de goût et les
colorants.
Une fois repus, les asticots deviennent lents, certains ne bougent même plus, une transformation les attend.

Phase de la métamorphose : Les asticots s'entourent d'une membrane appelée pupe, une sorte de cocon, on voit un asticot créant sa pupe annelée.

De cette pupe, enveloppe fine et souple, sortira l'insecte parfait, les couleurs vertes et dorées sont absentes, elles apparaîtront avant les accouplements, qui n'auront lieu qu'au-dessus de 12°C.
Le cycle complet n'a pas une durée absolue, cela peut être très rapide, lors d'un été très chaud et prendre plusieurs semaines à une température de 20°C.
Au-dessous de 15°C, les pupes pourront
rester plusieurs mois à l'état latent, avant que la
métamorphose ne s'opère.
Si vous avez autour de chez-vous des poulaillers très mal tenus, voire insalubres, les mouches peuvent véhiculer des maladies qui se déclareront, chez vous, même si vous avez un poulailler exemplaire en hygiène.
Les mouches peuvent aussi
transporter des oeufs d'acariens, responsables de la gale des pattes,
de la gale de peau et d'infestations parasitaires.
Raison pour laquelle on peut se retrouver avec des acariens,
aoûtats, non seulement dans un poulailler mais aussi dans la
maison, derrière une armoire ou dans une literie.
Si en retour de poulailler, vous mettez deux
gamelles l'une sur l'autre et que vous oubliez de les nettoyez, vous
découvrirez une population d'asticots dans celle du dessous,
en vous demandant comment une mouche a pu passer :
Comme il est dit, la mouche n'aime pas pondre à
découvert.
Dans les villages où les conteneurs à ordures
ménagères sont relevés une fois par semaine, on
trouve presque toujours des populations d'asticots, le couvercle
n'empêche pas les mouches de passer.
Les asticots sont toujours au fond car ils sont doués de
photo-migration.
Il est donc impératif, lorsque l'on donne des aliments frais ou restes de tables à ses sujets, de ne pas laisser les gamelles en place plus d'une journée.
Si une mouche a pondu et que la poule ou le coq
avale les oeufs, le risque est énorme, parce que les oeufs qui
sont très collants vont rester plaqués dans la muqueuse
du jabot.
Par la chaleur de l'animal, l'éclosion est rapide, les larves
affamées vont traverser sans mal la muqueuse et se glisser
entre la peau et les muscles, ils vont creuser des galeries pour se
nourrir de la chair.
La poule ou le coq est dévoré vivant.
Aucun traitement possible, cela va trop vite.
Le risque est le même si la poule ou le
coq gobe une mouche sur le point de pondre.
Les aérosols contre les mouches, représentent un danger
d'intoxication pour les poules, il est préférable, bien
que ce soit peu décoratif, d'employer le fameux ruban de glue,
les mouches restent dessus et ne peuvent être atteintes par les
poules.
Il faut également éviter que vos animaux aient des fientes collées autour de l'anus car les mouches peuvent y pondre, les larves entrent dans l'anus et dévorent vivant l'animal de la même manière.
Au centre de cette photo, l'anus d'un coq que l'on nous a apporté, des centaines d'asticots en sortent, l'animal est dévoré vivant, nous n'avons pu qu'euthanasier pour abréger les souffrances.

Sur cette animation, on voit la vermine se déplacer et la respiration ralentie de ce pauvre coq, il n'y avait rien à faire.
Lucilia peut être un insecte utile, elle est employée en asticothérapie mais attention, il s'agit d'une race particulière qui ne s'attaque qu'aux parties nécrosées ou brûlées par le froid ou par le chaud.
On suppose que les premiers effets bénéfiques de l'asticothérapie avaient été remarqué par des arborigènes d'Australie, sans doute qu'Ambroise Paré s'en inspira en 1557.
Lors de guerres, on avait constaté que les soldats blessés sur lesquels Lucilia était venue pondre, guérissaient plus vite que les autres.
Dominique Larrey, médecin des armées sous Napoléon Bonaparte constata cet effet curatif par les asticots en Syrie en 1829.
Un siècle plus tard, en 1929, le Dr
Baer, pose des asticots sur 21 patients atteints
d'ostéomyélite jugée incurable à
l'époque, deux mois plus tard, les 21 patients sortaient
guéris de l'hôpital.
Après la publication des résultats du Dr Baer,
l'asticothérapie s'est répandue aux USA, la firme
pharmaceutique Lederle a commercialisé des "larves
chirurgicales", de Lucilia Sericata, nécrophage
véritable, dont les larves font la différence entre les
tissus nécrosés et les tissus sains.
Ensuite, la pénicilline fut découverte par Alexander
Flemming, l'asticothérapie fut mise de côté, puis
il y eut un regain d'intérêt, en 2003, 30000 traitements
ont été administrés à 10000
patients.
Les enzymes secrétés par les
asticots sont encore mal connus mais il est clair qu'ils
détruisent les bactéries.
L'asticot ne mange que ce qui est nécrosé, sans toucher
aux tissus sains, pratique irréalisable par un chirurgien qui
ferait saigner, au risque de provoquer une septicémie, sans
compter que le chirurgien a un temps limité en
anesthésie alors que l'asticot peut travailler sans
relâche et sans provoquer de douleur.
A l'inverse, d'autres races de Lucilia peuvent être dangereuses
comme nous l'avons vu en début de page.
Dans le Jura par exemple, les brebis en supportent de graves
conséquences, à la saison chaude, Lucilia pond ses
oeufs dans une blessure ou un orifice naturel : Oeil, anus, vulve, la
brebis ne peut pas se lécher à ces endroits, en moins
de trois jours, les asticots atteignent les organes dans l'abdomen et
c'est la mort.
Les asticots n'ont pas de dent, ils se tiennent accrochés par deux crochets comme vous pouvez le voir sur les photos en haut de page, pour se nourrir, ils secrètent un liquide enzymatique, suc très puissant qui dissout la chair et qu'ils n'ont plus qu'à aspirer, c'est très rapide.
Il n'est guère possible de traiter
moutons et brebis, les insecticides n'ont pas une durée
d'efficacité suffisante pour durer le temps de la transhumance
et cela ne pourrait que dissuader Lucilia de pondre car comme vous le
savez, aucun produit ne peut venir à bout d'oeufs de
parasites.
Les photos et animations
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diffusion interdite sans autorisation.