Les paons font partie des gallinacés et sont confrontés à des pathologies semblables.
Suite à une maladie pulmonaire, devenue un coryza très virulent, des bactéries ont formé un noyau dans le sinus post-orbital de cette paonne, qui ensuite s'est transformé en tumeur bénigne puis maligne.

Côté droit normal, indiqué pour comparaison.
Côté gauche, on remarque que le
noyau s'est formé en premier lieu au bas du sinus et que cela
s'étend à présent de la commissure du bec
à l'arrière de l'oeil et du bec inférieur au
sommet du crâne.
A noter : Les tumeurs post-orbitales se déclarent très
souvent sur le côté gauche.
Cette vue de dessus démontre le volume occupé par la tumeur.

Vue trois quarts arrière, l'oeil est repoussé dans la cavité orbitale, cette paonne, nommé Panoutch ne voit plus de cet oeil, la membrane oculaire ne coulisse plus, la paonne ne peut plus fermer son bec car la muqueuse à l'intérieur du bec est également hypertrophiée.

Cette paonne nous a été
apportée un dimanche, nous avons tout de suite
administré un antibiotique buccale pour soigner la maladie
pulmonaire, ainsi qu'une injection d'anti-septicémique et un
collyre de même famille.
Nous comptions opérer le mercredi, afin d'obtenir une bonne
couverture antibiotique mais Panoutch était très
atteinte et nous avons décidé, malgré le risque,
d'opérer le lendemain, lundi.
Etant donné l'état de faiblesse, impossible de faire
une anesthésie générale, Panoutch ne se serait
pas réveillée donc anesthésie locale.
Sur cette photo on voit que l'orifice nasal est obstrué avec
résidus de pus sur le bec, une incision de 1,3cm est
pratiquée au bas du sinus, en prolongement de la commissure du
bec, afin d'éviter l'artère faciale passant plus
haut.
Il faut imaginer la difficulté, parce
que si l'artère faciale est évitée, il y a tout
de même saignements et on y voit mal.
A ce stade, la tumeur ne vient pas en une seule fois mais en
fragments, il faut cureter avec des petites lancettes dont une en
forme de pied de biche pour sortir les fragments, il faut s'aider au
toucher au travers de la peau, faire très attention, car la
lancette est enfoncée jusqu'au sommet du crâne ainsi que
contre l'oeil, Panoutch est insensibilisée mais il y a le
risque constant qu'elle fasse un soubresaut et que la lancette
provoque des dommages irréparables.
Comparativement à une pièce d'un euro, on a une appréciation de ce qui a été extrait.

Vue rapprochée des fragments, on voit
parfaitement que ce n'est pas compact, des cellules non conformes se
sont multipliées en ensembles désordonnés, ce
qui explique l'impossibilité de sortir la tumeur, dite
maligne, en un seul bloc.
Il ne semble pas qu'il y ait eu dispersion de métastases,
reste à espérer que nous avons pu tout extraire.
Cette intervention a durée 2h00, nous ne pouvions pas faire
durer plus longtemps, Panoutch étant épuisée et
il faut considérer également que l'on ne peut pas
anesthésier indéfiniment, le produit se
disséminant à la longue dans l'organisme.
La plaie a été désinfectée, puis,
après épongeage à l'aide de compresses
roulées, nous avons rempli la cavité de pommade
antibiotique.
La suite reste classique, sept jours d'antibiotique pour éradiquer la maladie pulmonaire, plus un anti-douleurs / anti-inflammatoire et bien entendu une nourriture reconstituante.
Remarquable faculté de cicatrisation des
gallinacés : Au dixième jour de l'intervention, on
remarque à peine l'incision, le bec peut être maintenu
fermé, l'oeil a retrouvé son emplacement et sa
fonctionnalité ainsi que la membrane oculaire.
Il subsiste un très léger gonflement en haut de
l'arcade mais qui devrait se résorber avec le
temps.

Quant à l'état général, la forme est revenue.

Un peu trop en forme d'ailleurs ! Une paonne,
cela vole et ce n'est pas du tout du goût des petits jeunes qui
se réfugient à l'autre extrémité de
l'éleveuse quand Panoutch vient se percher dessus
!
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