La ponte interne due à la maladie de Marek.

La maladie de Marek est très répandue, très contagieuse.
C'est un herpès virus qui provoque cette maladie, des tumeurs s'installent dans différents endroits du corps de l'animal ainsi que sur les nerfs périphériques, il ne saurait y avoir de ce fait de traitement.
Il n'y a que la vaccination qui protège, on doit la faire le plus précocement possible, on dit "vaccination à un jour", ce qui n'est pas possible car les poussins ne naissent pas tous en même temps, il faut faire cette vaccination lorsque le dernier poussin est né.
Bien garder en mémoire qu'un rappel est indispensable à trois semaines, ceci parce que les anticorps maternels disparaissent à partir du quatorzième jour de la vie pour laisser place à l'immunité propre du poussin.

On peut bien sûr vacciner les adultes, ceci est d'ailleurs recommandé lorsque l'on achète de nouveaux sujets et que l'on ne peut jamais savoir si un éleveur à bien vacciné, sauf s'il s'engage par écrit.

Par principe de précaution, on fait un rappel une fois par an ou tous les six mois dans les régions à hauts risques.


Nous allons étudier le cas d'une ponte interne qui fut la conséquence de la maladie de Marek sur une poule de quatre ans, qui n'avait jamais quitté son jardin, impossible de savoir quel vecteur a pu véhiculer le virus jusqu'à cette poule.

Les symptômes classiques sont des paralysies des pattes, (grand écart) ou paralysies du cou, les tumeurs s'installant particulièrement sur les nerfs périphériques.
Mais dans ce cas, pas de paralysie, jabot gonflé par des gaz et du liquide nauséabond, ventre dilaté et dur, sternum en lame de rasoir mettant en évidence une cachexie des muscles pectoraux, arrêt de la ponte depuis plusieurs semaines.

Masse tumorale.

A l'autopsie, on remarque immédiatement des nodules tumoraux, on remarque également que les organes ne sont pas à leur place la masse sombre au milieu de la photo est le gésier, il devrait se trouver au bas de l'abdomen.

Le foie est plaqué vers le haut près du muscle cardiaque, le foie devrait être à la place du gésier.

L'intestin est décalé à gauche.

La masse tumorale que l'on aperçoit sous le gésier est une partie de l'oviducte hypertrophié.

 Dégats de la maladie de Marek.

Après avoir enlevé la première couche d'organes, on découvre l'oviducte qui est démesuré; en rappel, cette photo d'une poule saine, remarquez l'oviducte qui est, à l'état normal, un organe long et creux décalé à gauche de la colonne vertébrale :

énumération des organes.

Il est exceptionnel de découvrir une hypertrophie de cette taille, on se demande comment cette poule pouvait survivre.
Les caecums sont également dilatés, environ 400%, (à gauche de la photo, ressemblant à deux boudins blancs), ceci parce que cette poule ne pouvait plus évacuer ses fientes, ils sont également déplacés et devraient se trouver beaucoup plus bas.
Les caecums sont deux organes en cul de sac, ils sont attenants à l'intestin dans son dernier segment.
Ces organes servent à stocker les matières fécales lorsque la poule est en couvaison, elle sort une fois par jour pour les vider, ils servent également à une ré-absorption de l'eau et assurent un rôle important dans la défense immunitaire.
Certaines coccidies infestent les caecums et provoquent des hémorragies, d'où le nom "coccidiose hémorragique", il faut traiter immédiatement.

Multiples tumeurs.

Vue rapprochée de l'oviducte, constitué de jaunes d'oeufs bloqués, de pus, de tumeurs à différents stades.
Cette masse comprime le muscle cardiaque vers le haut, ce qui a provoqué son arrêt et le décès de cette poule.

Masse tumorale.

Vue de dessous : L'ovaire, les petites boules grises et noires sont des vitellus en formation, (ce qui produit les futurs jaunes d'oeufs).

Autopsie du tractus digestif.

Le tractus digestif : A gauche, l'oesophage secondaire venant du jabot, l'intestin, le gésier, ouvert, laissant découvrir de la nourriture; ces organes sont normaux, sauf le foie, très petit et couvert de nodules tumoraux, à ne pas confondre avec la tuberculose où le foie est hypertrophié et couvert de nodules jaunes rappelant des grains de maïs.

De cette autopsie, on en déduit que le virus Marek s'est attaqué en premier à l'ovaire, alors que d'habitude il s'installe sur les nerfs sciatiques, il n'est pas besoin d'avoir fait de longues études de biologie pour comprendre qu'un médicament ne risque pas de venir à bout d'une telle pathologie et que la vaccination est le seul moyen de lutte.

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