La gale des pattes est provoquée par un acarien qui soulève les écailles des pattes, creuse des tunnels pour y pondre ses oeufs, les larves se nourrissent de la Kératine et de téguments, en laissant un dépôt blanchâtre donnant parfois l'apparence d'une coquille d'huître.

En présence d'un tel cas
vous devez agir rapidement.
Sur les photos ci-dessus, il est encore possible de soigner, si l'on
attend trop longtemps, il y a amputation des doigts, le plus souvent
accompagnée d'une gangrène, suivit d'une
septicémie, avec pour issue la mort de l'animal.
Important : Les abcès,
gangrène et septicémie interviennent lorsque l'acarien
a creusé trop profondément et a perforé la
peau.
Etant donné qu'il est porteur de bactéries, celles-ci
peuvent alors entrer sans difficulté dans le corps de
l'animal.
Pour soigner la gale des pattes
:
N'employez surtout pas de
mixtures à base de gas-oil ou autres, l'efficacité est
nulle et fait souffrir l'animal inutilement.
Les spécialités à base de Carbaryl sont à
présent interdites à la vente, cette molécule
étant jugée cancérogène pour l'humain par
inhalation.
Votre association propose une lotion efficace, voir plus
bas.
Avant tout, il faut laver les
pattes, afin d'enlever les débris de peau, d'écailles
et de souillures, (fientes, terre...), attention ! Ne jamais chercher à arracher les
croûtes.
Il faut employer de l'eau tiède et du savon de Marseille,
l'emploi d'un pinceau est recommandé, n'ayez pas peur d'aller
à rebrousse écailles.
Après avoir rincé et séché avec du papier
ménage, vous pouvez appliquer la lotion.
Pour les gales importantes, il faut recommencer ce protocole au bout de cinq jours.
Le "vrai" savon de Marseille est fabriqué avec de la soude caustique et des graisses, il agit en tant qu'antiseptique.
La gale cutanée
:


On voit un dépôt
blanchâtre sur la peau du visage, l'oeil est triste, l'animal
souffre, on remarque également une hypertrophie du conduit
auditif avec un gonflement de la bordure de l'orifice, tel que le
plumet auriculaire en est soulevé.
Il est clair que l'acarien est présent, il a pondu sur la peau
du visage et dans les conduits auriculaires, il est très
urgent d'intervenir.
En faisant attention aux yeux,
il faut nettoyer avec un antiseptique genre Diaseptyl ou Dakin, on
met de la poudre insecticide sur la peau du corps mais poules et coqs
secouant souvent la tête, la poudre ne tiendrait pas assez
longtemps à cet endroit.
La solution est de mettre de la lotion antigale avec un coton tige ou
un petit pinceau de chaque côté de la crête et
derrière la tête, sur la peau, en écartant les
plumes, il faut renouveler au bout de cinq jours.
Si la gale est importante, il
ne faut pas hésiter à laver l'animal, pour cela on
prépare à l'avance deux cuvettes avec de l'eau
tiède, dans l'une on fera dissoudre des copeaux de savon de
Marseille.
Avec un pinceau, on nettoie bien tout le corps de l'animal, ensuite
on l'égoutte et on le met dans la cuvette d'eau claire et
tiède pour le rincer, l'emploi d'un gobelet facilite cette
action.
Après avoir égoutté l'animal, on le pose sur une
serviette éponge et on l'enroule dedans, on met du papier
ménage sous les ailes en cherchant à absorber le
maximum d'eau.
On terminera le séchage avec un sèche cheveux, en
veillant à ce que ce ne soit pas trop chaud.
Une fois sec, on poudrera avec
la poudre insecticide.
Ne jamais appliquer de Bétadine jaune sur une plaie ouverte ou
des lésions, Ceci peut provoquer un passage systémique
dans le sang et nécroser le foie.
Autres cas :
1) Infestation du corps par des
parasites hématophages.
(Hématophage : Qui suce le sang pour s'en nourrir).
Difficile à remarquer,
on ne voit rien sur le plumage.
Cet acarien reste sous le plumage et infeste les régions
où le bec de la poule ne peut pas aller : Sur la tête,
derrière le cou et jusqu'à sa base, autour de l'anus
jusqu'au bas de l'abdomen.
Il faut bien observer la peau
sous les plumes, quitte à prendre une loupe pour tenter de
voir ces minuscules parasites ou des traces de piqûres.
On peut le pressentir lorsqu'une poule ou un coq se gratte plus
qu'à l'ordinaire, on peut remarquer également une autre
poule qui pique sa ou son congénère.
Ce n'est pas un signe
d'agressivité :
Les gallinacés ont une vue beaucoup plus perçante que
l'humain, ils peuvent voir les parasites et cherchent à en
débarrasser leur congénère.
On peut aussi remarquer que l'animal infesté mange plus
qu'à l'ordinaire, ce qui est normal, il cherche à
compenser le volume de sang absorbé par les parasites
hématophages.
En début d'infestation,
ce n'est pas trop grave, on peut agir facilement avec un poudrage car
il n'y a que quelques parasites adultes.
Mais ensuite, les parasites vont pondre des centaines d'oeufs, les
larves se répandront et affaibliront l'animal à grande
vitesse.
On remarque tout d'abord des
boitillements chez le sujet atteint, puis vient des pertes
d'équilibre, ensuite le sujet reste souvent couché,
chute de la ponte.
Les muscles de chaque côté du sternum, (pelviens),
réduisent de volume, (cachexie), fonte musculaire parfois
spectaculaire, indiquant sans équivoque que les parasites
tirent dangereusement sur le potentiel énergétique de
l'animal.
C'est la dernière
limite, si vous ne faites rien, la mort intervient
rapidement.
Regardez autour de l'anus et au-dessus, dans le repli du croupion, (muscle qui soutient les plumes de la queue), observez la base des plumes sur le bas ventre, c'est à ces endroits que se trouvent les oeufs, cela forme des amas blanchâtres, comme des croûtes ou ressemblant à de petits cocons.

Piqures sur la bordure
inférieure de l'anus, l'encadré en bleu montre la
petitesse d'un parasite, au bas de l'abdomen la base des plumes
supportent des amas d'oeufs.
Il faut tout d'abord frotter avec la main pour faire tomber le plus
possible de peau morte.
N'arrachez pas les plumes qui soutiennent des amas, coupez au raz de
la peau, pour qu'elles puissent repousser.
Brûlez ce que vous avez enlevé pour éviter une
dispertion dans votre environnement.
Faites un poudrage
généreux de l'arrière train, mettez aussi de la
poudre sur la peau, sur toute la longueur du cou et sur le dos.
Pour les amas d'oeufs, (cocons), qui n'ont pas pu être
enlevés, il faut les enduire de lotion antigale des pattes
à l'aide d'un petit pinceau.
On recommence tous les cinq jours, jusqu'à disparition totale
des oeufs.
Au téléphone,
lorsque nous questionnons, très souvent les gens
répondent : -Non, non,
j'ai regardé et il n'y a rien du tout...
-Veuillez recommencer.
Puis la personne rappelle en disant : -Vous aviez raison, il y a des bestioles partout
!
C'est normal, comme il est dit, les acariens craignent la
lumière, dès que vous soulevez les plumes, ils vont se
réfugier plus loin, il est donc indispensable d'aller
très vite et d'avoir une bonne vue.
On peut également utiliser des lunettes loupes.
ATTENTION !
Si l'on peut voir des parasites
adultes, des croûtes ou sorte de cocons sur l'animal confirmant
une infestation, il est facile de traiter.
Mais si vous ne voyez rien et qu'il y a baisse de forme, chute de
ponte, boitillements, etc., vous pouvez être en présence
d'un parasite qui vit caché la journée et qui vient sur
les poules et les coqs durant la nuit.
C'est le dangereux Dermanyssus gallinae, il aime assez le dessous des
perchoirs et leurs embouts pour être à proximité
de ses proies.
Il est donc souhaitable, en cas de suspicion, d'aller de nuit dans le
poulailler avec une lampe pour ausculter les sujets et
l'environnement.
Les moyens de lutte passent avant tout par une désinsectisation régulière du poulailler et en cas de baisse de forme des sujets, une application de poudre insecticide avec répulsif.
Selon l'étude de Madame
Véronika Maurer, effectuée en Suisse, 85% des poulaillers observés
étaient infestés
mais que ce soit en France, en Belgique et autres pays, le risque est
constant.
2) La gale déplumante :
Ce sont des acariens qui se
nourrissent de Kératine.
Ils pondent leurs oeufs à la base des plumes, à la
hauteur du calamus.
Lorsque les larves éclosent, ils rongent le calamus et la
plume tombe.
Dans certaines infestations massives, c'est l'ensemble de la plume
qui est rongée.
Les personnes qui n'y ont pas été confrontées,
pensent qu'il s'agit d'une mue, le plumage semble cotonneux, on
retrouve beaucoup de plumes abîmées au sol.
Dans ce cas également, les acariens sont présents aux
endroits où le bec de la poule ou du coq ne peut pas aller et
particulièrement autour de l'anus et sur le bas de
l'abdomen.
Voici une plume atteinte, on voit l'amas contenant les oeufs sur le calamus.
Deux grossissements de l'amas
qui ressemble à des cocons :
On imagine le nombre d'oeufs, multiplié par chaque plume
infestée.
Egalement dans ce cas, il faudra renouveler plusieurs fois les
poudrages pour détruire toutes les larves naissantes.
Vous ne pourrez enlever les amas que difficilement; de toutes les
manières, les plumes touchées tomberont, remarquez sur
la photo grossie de gauche, que le calamus, (base blanche et
translucide de la plume), est déjà rongé.
Il faudra attendre la prochaine mue pour que l'animal retrouve
l'intégrité de son plumage.
Votre association propose à ses membres,
deux produits efficaces contre les parasites, 100% naturels, qui ne
s'altèrent pas dans le temps :
Flacons de lotion contre la gale des pattes de 230g, pour traiter
environ 16 poules.
Flacons de poudre contre la gale de peau, du corps et du plumage de
100g, un flacon peut traiter environ deux fois 5 poules de taille
moyenne.
La poudre a trois composants : Insecticide + répulsifs de
parasites + bactéricide, elle doit être appliquée
sur un animal sec, sinon, il peut y avoir une coloration bleue/verte,
ceci est l'action du composant anti-bactérien, sans
danger.
Si vous avez les mains colorées il suffit de les laver au
savon.
Pour vous procurer ces produits, veuillez contacter votre
association, nous vous enverrons un E-mail avec les tarifs à
jour car ceux-ci peuvent varier dans le temps, l'association ne
faisant pas de bénéfices, les prix dépendent de
ceux des fournisseurs, des matières premières et du
flaconnage.
Ces produits, ont d'autres domaines
d'utilisation, veuillez consulter la rubrique en cliquant ici.
En savoir plus sur les acariens :
Cnemidocoptes mutants : Ce sont
des arthropodes.
Adultes : Moins d'un millimètre de long, 4 paires de pattes,
corps globuleux, aveugle, craint la chaleur et les rayons
solaires.
La femelle pond plusieurs
centaines d'oeufs, les larves possèdent 3 paires de pattes et
mesurent un dixième de millimètre.
Les oeufs peuvent être transportés par des insectes
rampants ou volants comme une mouche.
Les rongeurs : Rats, souris, mulots sont également des
vecteurs de transport.
Vous pouvez également avoir une infestation par un ballot de
paille ou du foin mal séché contenant des
acariens.
Il existe de nombreuses
variétés, réparties en cinq genres principaux
:
Mycophage, (se nourrit de moisissures), Hématophage, (suceur
de sang), coprophage, (se nourrit d'excréments), phytophage,
(se nourrit de végétaux),
kératophage/mallophage, (se nourrit de Kératine et peau
morte).
Si les conditions de développement sont mauvaises, l'acarien
peut rester latent un an.
Certains types possèdent une ventouse sur l'abdomen pour se
faire transporter par les insectes.
Les oeufs sont pratiquement indestructibles par les produits conventionnels, on peut comparer le système de développement aux poux dans les écoles : Un shampoing anti-poux détruit les adultes mais ne vient pas à bout des lentes, il faut recommencer plusieurs fois, dès que les lentes deviennent adultes et avant que les nouveaux poux ne pondent à leur tour.
Comparatif entre une mouche et
un acarien sous une loupe, on voit sur le cadre de la loupe une
graduation en millimètres, afin de vous donner une
appréciation de la taille du parasite adulte.
Par contre, les oeufs des parasites ne sont visibles qu'au
microscope, raison pour laquelle ils sont facilement
transportables.

Même si vous avez une
prophylaxie sanitaire maximale dans vos locaux, vous ne pourrez pas
empêcher l'acarien de vous rendre visite.
Il pourra pulluler non seulement dans votre poulailler mais
également dans votre maison, derrière une armoire, dans
une literie, rideaux, interrupteurs, etc., parfois son étendue
peut atteindre un mètre carré.
La photo ci-dessous montre un angle de mur peint et propre, on
déplace un meuble et voici ce que l'on découvre
:
Les points les plus gros sont
des adultes, les petits points sont des larves.
Les acariens nommés aoûtats, sont responsables de
nombreuses allergies humaines mais rassurez-vous, les acariens qui
infestent nos poules ne viennent pas sur l'humain, ils
détestent l'acidité de notre peau.
Vous devez être
méfiant car ce n'est pas toujours évident à
voir, par sa fonction de photo-migration, l'acarien se réfugie
toujours à l'abri de la lumière, on le trouve sous une
caisse ou autres objets, derrière une potence ou
éléments fixés au mur, sur l'embout des
perchoirs, dans des rainures.
Ils aiment beaucoup les pondoirs en caisse bois et les poulaillers en
bois, les interstices dans le bois sont des cachettes
idéales.
Personnellement, nous en avons découvert une colonie à
l'intérieur de tubes métallique soutenant des
éleveuses, ceci permettant à ces parasites de venir de
nuit sucer le sang de jeunes sujets.
Pour vous aider à discerner, ce doigt désigne comme de la poussière mais ce n'est pas de la poussière, en étant attentif on voit les petits grains bouger.

Avec une forte loupe, voici ce que vous pouvez voir.

On voit des larves translucides, des adultes de différentes couleurs, les rouges mettent en évidence qu'ils ont déjà sucé du sang.

Voici un adulte fortement grossit.
Pour détruire les nids :
De l'eau de javel pure ou de la soude caustique, ne suffit pas,
l'action est immédiate mais s'annule dès que c'est
sec.
Vous détruirez les larves et les adultes mais pas les oeufs,
parce que les désinfectants usuels ne sont pas
rémanents et c'est au seul moment où les oeufs
éclosent que les larves peuvent être détruites,
il est donc indispensable de choisir un insecticide rémanent,
c'est à dire qui va conserver son efficacité sur
plusieurs semaines.
Au fur et à mesure que les larves sortiront des oeufs, elles
seront détruites.
Recherchez dans le commerce un bon produit qui soit insecticide +
bactéricide + virucide, l'intérêt est surtout sa
rémanence dans le temps.
Evitez le Crésyl, (parfois nommé Grésil),
réputé cancérigène, d'ailleurs deux
Crésyls de fabriquants différents ont été
interdits d'utilisation en 2004 et en 2006.
Pour n'importe lequel des
produits contenant des ammoniums quaternaires, bien se conformer aux
indications portées sur l'étiquette, ce sont des
produits dangereux.
Il faut éviter les pondoirs en caisse
bois.
Notre conseil : Employez des
toilettes pour chats, cela isole du sol, l'acarien n'y trouve pas de
refuge, le nettoyage est très rapide et grâce au
couvercle, les poulettes se sentent à l'abri pour pondre ou
couver.
Royal n'est-ce pas !
Recherchez des toilettes pour chat les plus simples possibles : Sans
poignée, ni filtre, ni charnière, rendant moins
aisé les nettoyages.
Seule la rainure d'emboîtement entre le couvercle et le bac est
susceptible d'abriter des acariens, c'est rare mais cela peut
arriver, il suffit de regarder de temps en temps et de passer de la
lotion antigale comme indiqué dans la rubrique : Autres utilisation de
la lotion.
Regardez également sous les mangeoires et sous les abreuvoirs,
si vous voyez de la poussière grise ce sont des oeufs
d'acariens.
Les acariens sont
omniprésents tous les mois de l'année dans tous pays et
toutes régions.
L'étude que nous venons de
décrire a été réalisée en Ile de
France mais aurait pu l'être dans le Nord, la Belgique ou la
Suisse.
En complément à cette étude, nous avons
récupéré des parasites et leurs oeufs en plein
hiver, placés dans une éprouvette, nous avons
congelé à moins 25°C durant une semaine, revenus
à température ambiante les parasites ont repris leur
activité et les oeufs ont éclos.
Donc ne pas croire la fausse légende disant qu'un hiver froid
tue les parasites, c'est faux.
Par contre, ils ne supportent pas une température
supérieure à 45°C, il y a donc la solution de
désinsectiser un poulailler avec un appareil producteur de
vapeur, comme par exemple un nettoyeur vapeur de marque Karcher, (ce
qui est écologique) ou un appareil à décoller le
papier peint.
Ci-dessous quelques photos communiquées par Andrée et Bernard, passionnés par le monde des insectes et des acariens, ils habitent la région du Var, soit le Sud de la France, néanmoins, vous remarquerez la similitude des parasites avec ceux que nous avons photographié en Ile de France.
Andrée et Bernard restent
propriétaires de ces photos.
Nous les remercions de nous les faire partager et les
félicitons pour l'excellente qualité
photographique.





N'oubliez pas d'observer l'isolation du poulailler :

Il est possible de repérer les dermanyssus par leurs excréments, en voici une vue grossie :
Adultes et leurs excréments dans de la fibre :
