Les maladies respiratoires complexes, (MRC) :
Ces maladies sont nombreuses, elles affectent les gallinacés du simple rhume, au coryza avec complication.
Les bactéries responsables sont multiples, il est
indispensable de traiter dans les meilleurs délais, avec un
antibio bien ciblé, au risque de mutation de la
bactérie en mycoplasme.
Une des MRC les plus pernicieuses est due à Mycoplasma
Synoviae.
Cela débute par une infection du système respiratoire,
les signes sont occultés, sans stéthoscope, on ne
remarque rien.
Le mycoplasme tombe dans les pattes, les articulations
tibio-métatarses, (la cheville que certains appellent le
coude), ne soutiennent plus le poids de l'animal, il reste
cloué au sol et n'arrive plus à se nourrir, c'est alors
l'arthrite bactérienne.
De plus, les sacs aériens se couvrent sur leur surface interne
d'un mucus épais.
Il n'existe qu'un seul antibio permettant de soigner cette maladie,
le traitement est très long car il est difficile
d'évacuer le pus caséeux, présent dans les
articulations, ainsi que celui des sacs aériens car ceux-ci
sont très peu vascularisés.
Le coryza :
Inflammation des voies respiratoires supérieures.
Symptômes : Eternuements, râles discrets,
gonflement autour de l'oeil.
Ensuite, yeux larmoyants avec parfois formation de bulles.
A ce stade, un traitement simple est possible.
Si l'on ne fait rien : Le ou les yeux vont se coller, orifices nasals
bouchés, sillon palatin, (face interne du bec
supérieur), colmaté par un pus jaune, filaments qui
entourent la langue, formation d'une bille dans le sinus post
orbital.
Assez rapidement, on remarque une conjonctivite, qui peut provoquer
un abcès ou un ulcère de la cornée.

Deux jours après les premiers symptômes, le pus a
envahi le sinus, ainsi que la cavité orbitale.
Les paupières se collent, les orifices nasals se
colmatent.
Les bactéries forment un amas de pus autour du globe oculaire
et empêche la membrane oculaire de glisser.
L'animal ne se nourrit plus, ne voyant que d'un oeil ou plus du tout,
comme on le voit sur ces photos.
Il est donc utopique de vouloir appliquer un traitement par l'eau de
boisson, puisque l'animal ne boit plus.
Un traitement antibiotique individuel, ainsi qu'un traitement pour
sauver l'oeil, deviennent indispensables mais il faut faire
très attention, car deux antibiotiques peuvent être
antagonistes si le choix n'est pas raisonné.
Il ne faut pas rêver candidement, en s'imaginant que ça
passera tout seul, un coryza est une maladie sérieuse et est
contagieuse, certains vaccins sont à l'étude.

Après sept jours de traitement, ce coq Wyandotte
nommé Apollon est guérit, on remarque une très
légère boursouflure qui disparaîtra rapidement.

Si l'on attend trop longtemps, le pus dans le sinus
devient caséeux, il peut y avoir une formation tumorale, il
n'y a pas d'autre solution que l'intervention chirurgicale,
accompagnée d'un traitement antibiotique
antisepticémique.
Nous avons mis au point des techniques, permettant une
réussite dans la majorité des cas.
Sur les photos ci-dessus on a une appréciation du volume de
pus enlevé sur cette Nègre-soie.
Si l'on attend vraiment trop longtemps, il y a percement de la
cloison séparant le sinus post orbital de la gorge, le pus s'y
écoule.
Cette poule Marans, malgré un curetage, ne survivra pas, une
blessure dans la gorge est une porte ouverte aux bactéries
opportunistes.
Pour cette raison, nous n'opérons jamais lorsque la
gorge est atteinte, il est inutile de faire souffrir un animal pour
rien.

Une paonne : Profil gauche / vue de dessus / vue trois quarts
arrière.
La tumeur est telle que l'oeil a été repoussé
dans la cavité orbitale, la membrane oculaire ne peut plus
coulisser, cette paonne ne voit plus de cet oeil.
Opération longue et délicate car à ce stade la
tumeur ne se présente pas tel un bloc solidaire mais en un
conglomérat de cellules non conformes.
Il faut de ce fait cureter par le dessous de la peau sans pour autant
défigurer l'animal.

Cinq jours après l'opération, cette paonne a
retrouvé la vue ainsi que la mobilité de sa membrane
oculaire.
Cette photo au dixième jour, montre que la cicatrisation est
bonne et que les antibiotiques de couverture ont agis.
Nous venons de vous présenter quatre cas
sur des races différentes mais cela n'est pas limitatif, cette
pathologie s'applique à tous les gallinacés et est
contagieuse.
Une caille de 120g peut transmettre un coryza à un dindon
d'Amérique de 20Kg.
Entre Mycoplasma Synoviae et le Coryza aviaire,
il y a un large éventail de MRC, avant de nous appeler, il
faut relever tous les détails, même bénins que
vous remarquez.
Bronchite virale simple
:
Toux sans jetage de mucosité, (toux sèche), pas
de traitement envisageable, puisqu'il s'agit d'une maladie virale,
seule la vaccination protège.
Un apport important de vitamines peut parfois mener vers une
guérison mais c'est rare.
Bronchite infectieuse virale :
Pas de traitement, seule la vaccination protège.
100% de morbidité sur les animaux atteints et au moins 30% de
mortalité.
Ce n'est pas seulement l'arbre respiratoire qui est atteint, mais
également les reins qui sont hypertrophiés et
très souvent le système de reproduction des poules, une
poule ayant eu cette maladie ne pondra peut-être plus jamais de
sa vie, il arrive également que cette maladie déclenche
une ponte interne, si c'est le cas, aucun traitement, même une
intervention chirurgicale n'est envisageable.
Il n'y a pas de rémission.
Les grippes aviaires
Une grippe peut être différente d'une autre, dificile de le remarquer sans prendre la température, il n'y a pas de signes directs visibles, l'animal se nourrit normalement.
Toutefois, en ouvrant le bec et en regardant profondément dans la gorge on peut remarquer des mucosités autour du larynx, (le trou permettant de respirer, situé derrière la langue).
En fin d'incubation, l'animal se met à tousser, éternue, a des râles, au stéthoscope on entend que les poumons sont encombrés, ce stade ne dure pas longtemps et il faut agir immédiatement.
La grippe musculaire : Faiblesse dans les pattes, boitements, fièvre, fin d'incubation comme décrite ci-dessus.
Une forme est visible plus précocement : La grippe intestinale, l'animal se crispe sur lui-même, souffre, pousse des plaintes, n'arrive pas évacuer ses fientes, la douleur semble provenir de l'ilium, que l'on peut comparer à notre coccyx, là aussi il faut agir vite afin d'éviter une occlusion intestinale.
Grippe aviaire : Due aux virus du groupe H5, le H5N1 est
très virulent et peut présenter un danger pour
l'homme.
Les traitements sont illusoires, il existe deux vaccins mais leur
administration dépend de décisions rendues par la DDSV.
Angine purulente :
Très souvent à la suite d'une maladie
respiratoire oculte.
Le pus rejeté est assez liquide, il ne stagne pas dans les
sinus, il coule dans la gorge, la muqueuse est attaquée.

Sur ce coq décédé, on ne remarque rien, pas
d'écoulement, pas d'inflammation visible du sinus et des
barbillons, gosier aparemment normal.
Différence fondamentale avec un coryza non soigné que
nous avons vu plus haut.
Une angine purulente peut évoluer durant deux mois.
Il y a contagion par jetage.

A l'autopsie on découvre une masse purulente obstruant le
gosier.
Remarquez sous la pince, le larynx, (orifice de la trachée
respiratoire), beaucoup plus bas que sa position normale, se trouvant
derrière la langue et qui est décalée sur la
gauche.

Vue rapprochée de la masse purulente, la granulométrie
interdit un curetage efficace.
Si l'on détecte cette maladie au début de son
évolution, le pus est plutôt un agglomérat que
l'on peut cureter, en évitant de faire saigner lorsque la
masse purulente se détache, la muqueuse de la gorge
étant continuellement exposée à la flore
bactérienne présente dans l'alimentation.
Bien entendu, il est indispensable de faire précéder le
curetage et de poursuivre avec une bi-thérapie à large
spectre, capable d'atteindre les bactéries de type gram+ et
gram-.
Ne pas faire la confusion avec une mycose, due à des spores de champignons microscopiques, dans ce cas les antibiotiques resteront sans effet, il faut avoir recours aux antimycosiques.