En novembre 2005, nous avons
été contactés par une voisine de Mme X, nous
signalant une maltraitance de poules à une centaine de
kilomètres de chez SOS Gallinacés.
Nous décidons de nous rendre sur place dès le
lendemain, sonnons au portillon du pavillon et nous faisant passer
pour des particuliers, demandons à la dame, si elle n'aurait
pas des poules à vendre par hasard ou si éventuellement
elle connaîtrait quelqu'un qui en fait ?
Celle-ci nous répond : Il ne m'en reste que trois, "les autres
sont toutes crevées" et celles-là ne vont pas tarder
non plus !
Nous lui indiquons que l'on peut peut-être les soigner ?
La réponse est claire
:
De toutes les façons, avec la grippe aviaire, ce sera un bon
débarras !
Je m'exclame : Oh, les pauvres petites bêtes !
Elle me rétorque : Ben, si vous avez du temps à perdre,
je vous les donne !
- Vous voulez les voir ?
- Oh oui, avec plaisir !
Elle nous conduit, derrière la maison et nous
pénétrons dans un cabanon, grillagé, ouvert
à tous vents, sombre et crasseux, dont le sol est
souillé avec une épaisseur de fientes et de
résidus de paille sur dix centimètres de
haut.
Dans la pénombre, nous
apercevons les poulettes qui tentent de se cacher,
littéralement effrayées.
- Bon, vous les voulez ou Pas ?
- Bien sur !
- Alors pour les attraper, faut les suspendre par les pattes, une
fois la tête dans le vide, elles bougeront plus. Vous avez de
quoi les mettre pour les emporter ?
John rétorque : Ne vous inquiétez pas, nous avons ce
qu'il faut et pour les attraper, laissez nous faire.
Je fonce au camion chercher une caisse de transport, puis, nous
commençons à approcher les poulettes.
Cris de terreur, malgré leur état de faiblesse, avec
l'énergie du désespoir, elles se jettent contre le
grillage, tentant de nous échapper, nous les attrapons avec
grandes difficultés, ne voulant pas qu'elles se blessent.
Malgré mon pull, j'ai de sévères balafres sur
les bras !
La dame s'impatiente car à chaque prise, nous prenons le temps
de parler doucement à la poulette et la déposons
délicatement dans la caisse.
- Vous faîtes tout ce cinéma pour des poulets malades
?
Nous préférons nous abstenir de toute réponse,
les poulettes ne sont pas encore sorties de chez cette dame.
Madame X se ravise; Oui ben, malade ou pas, faudrait penser à
me dédommager, tout de même !
- Combien voulez-vous ?
- Je sais pas moi, mais je veux pas de chèque, on sait jamais
à qui on a à faire....
D'accord, mais nous n'avons pas beaucoup d'espèces, 50 euros
ça ira ?
Donnez-moi 70 et on en parle plus !
Nous avons donc donné les 70 euros pour les mignonnettes
extrêmement malades, sans même savoir, si nous arrivions
à temps pour les sauver ? Nous sommes donc repartis, sur les
chapeaux de roues, afin de les soigner le plus rapidement possible
!
Le diagnostique est
immédiat : Maladie respiratoire sévère, nous
utilisons un antibiotique extrêmement puissant +
anti-inflammatoire et anti-douleur.
Elles sifflent, râlent, ont énormément de mal
à respirer et à avaler :
24 heures de plus et elles n'étaient plus de ce monde !
Elles sont de surcroît, infestées de vers et ont une
coccidiose, (non sanguinolente, fort heureusement) donc nous
traiterons plus tard ces pathologies car nous ne pouvons faire
plusieurs traitements en même temps.

Après avoir passé
5 jours avec une forte fièvre, à vider abreuvoir sur
abreuvoir d'eau vitaminée; Les Miss, se sont mises à
dévorer, tous les aliments riches en protéines à
leur disposition, afin de retrouver force et vigueur !
10 Jours de soins intensifs, matin et soir.
Malgré la douceur et les câlins employés, elles
se réfugiaient au fond du box, toujours très
craintives, chaque fois que l'on en ouvrait la porte. Nous avons donc
décidé, de laisser ouvert, plusieurs heures par jour,
sous contrôle, afin qu'elles prennent de l'assurance.
Au quinzième jour, elles se perchaient sur la bordure, nous
laissant déposer des friandises, en passant juste à
côté d'elles mais sans les effleurer, attention
!

Elles nous ont observé
autant que nous l'avons fait à leur égard et petit
à petit : Elles nous ont accordé leur confiance, alors
que les humains qu'elles avaient croisés depuis leur
naissance, ne leur avaient montré que brutalité et
indifférence.
Elles ont donc contrôlé leur grande frayeur, oh combien
naturelle, en nous étudiant, avec grande intelligence
!
Nous avons donc décidé de les garder et pour ce faire, de les confier à Rambo qui est une force de la nature mais extrêmement doux et délicat avec les poulettes.
Les présentations furent
faites au bout d'un mois, Paillette, Victoria et Pétale ayant
retrouvé la grande forme physique et morale !
Le beau Rambo, n'en cru pas ses yeux, en voyant arriver ces trois
splendides Coucou de Rennes !
L'accueil fut chaleureux de toutes parts : Même les Wyandotte
et Brahma vinrent leur adresser leurs voeux de bienvenue !

Malines les filles ! Elles savent parfaitement respecter la hiérarchie, sans nul besoin de recevoir, le moindre coup de bec. Elles attendent patiemment que toutes les poulettes de Rambo se soient rassasiées !



Une fois repues, Rambo commence
sa séduction :
Démontrant sa puissance, sa force et sa douceur en dansant
autour de ces demoiselles, tour à tour.

Notre belle, se met en
position, afin de lui permettre de l'honorer.
Ces trois merveilles pondent de très beaux oeufs chaque jour
et même si elles viennent réclamer des friandises et les
manger dans nos mains :
Elles se méfient toujours des visiteurs, gardant toujours un
périmètre de sécurité.
Il leur faudra encore du temps, beaucoup de temps :
Pour comprendre, que nous ne sommes pas les seuls, à
être à leur écoute et à les
respecter.
John et moi-même,
remercions les membres de SOS Gallinacés, sans qui nombre de
sauvetages ne seraient pas possibles, sans l'esprit associatif.
C'est grâce à leurs contributions morales et
financières que nous pouvons agir.
Stauk Meyer.