Mercredi 10 octobre 2007 :
Lors d'un déplacement, sur
une route sinueuse traversant les bois, aux approches de Milly La
Forêt en Essonne (91).
Nous pilons net car un faisan blessé tente de rejoindre
désespérément l'autre côté de la
route, au risque de se faire écraser par les véhicules
qui circulent nombreux.
Après l'avoir
attrapé, nous constatons que c'est un jeune de l'année
!
Grièvement blessé, nous lisons dans son regard :
Sa souffrance, son angoisse, son incompréhension et le stress
qu'il subi.
Il fera la route sur mes genoux, jusqu'à notre retour avec des
caresses sur l'aile qui a été épargnée et
des mots de réconfort en attendant de pouvoir le
soulager.
Pauvre petit, il n'a pas peur de l'homme, il a donc été élevé et nourri par celui-ci, en attendant d'être lâché dans la nature pour le début de la chasse. Il est bel et bien du printemps car il n'a même pas un début de queue qui pointe.
Sans perdre un instant, dès notre arrivée, nous décidons de l'ausculter minutieusement afin de nous rendre compte du stade de gravité de son état.
Pauvre petit !
Il a pris une décharge de plomb par derrière, certains
plombs ont traversé sa patte gauche qui est
déboîtée et dont les doigts sont inertes.
Du même côté, l'extrémité de l'aile
est très endommagée.

Les plumes de sa tête se
sont volatilisées et deux impacts subsistent.

Cela a du se passer durant le week-end précédent car
les blessures du crâne sont asséchées et ont
formé des croûte épaisses de sang
coagulé.
Nous découvrons
délicatement son dos dont la peau a été
arrachée en grande partie, d'ou impossibilité
d'envisager de le recoudre.

Nous nettoyons et désinfectons puis appliquons un antiseptique et lui administrons un anti-douleur. Ensuite, nous l'installons avec boisson et nourriture à disposition, auprès de nous dans le bureau afin de surveiller le moindre signe et de pouvoir intervenir immédiatement, si nécessaire.
John le baptise : Fripounet !

Hélas, malgré nos
soins et notre tendresse, Fripounet nous quittera le lendemain en
début d'après-midi.

Il s'est éteint tout doucement, sans avoir compris ce qui lui
était arrivé, ni pourquoi; puisqu'il avait confiance en
la nature humaine.
Tant et tant d'animaux sont blessés et meurent chaque année, dans des souffrances terribles, parfois affamés, déshydratés, lorsque leur calvaire dure trop longtemps.
Comment prétendre que la
chasse est un sport ?
Dans ce cas, les sportifs, qui blessent grièvement un animal
se doivent de le suivre et d'abréger ses souffrances le plus
rapidement possible !
Je précise que dans le cas de Fripounet :
Il était dans l'incapacité totale de parcourir 50 m
!
C'est bien beau de s'extasier
à haute voix :
Je l'ai eu, je l'ai eu !
Quelques mètres de plus pour assumer la mise à mort en
voyant le carnage qu'ils ont provoqué serait peut-être
les freiner dans leur ardeur ?
Cotisation, droit de timbre, licence, redevance cynégétique donnent-elles le droit d'assassiner, de massacrer sous prétexte de réguler la nature ?
Parlons en de réguler la
nature :
Nombre de faisans sont élevés uniquement pour la
chasse.
Les cochonglier surnommés
''ces drôles de gibiers'' :
Artificiellement élevés, relâchés,
nourris, soignés, entretenus pour le seul loisir d’une
minorité de chasseurs, sont si dépendants de l’homme
qu’ils viennent tranquillement, de jour comme de nuit commettre par
troupeau entier des ravages considérables chez les
agriculteurs, arboriculteurs, éleveurs et jardiniers de haute
Provence ».
Phénomène aggravant, ils se reproduisent, semble-t-il,
cinq fois plus rapidement que les sangliers normaux.
Que dire de certains qui ne se cachent pas de tuer des chats, prétextant qu'ils mangent les lapereaux ?
Non la chasse n'est pas un sport, c'est un loisir dont le coût annuel permet de renouveler son autorisation de tuer en toute impunité !
Cynégétique, que
veut dire ce terme ?
Définition du Larousse :
L'art de la chasse !
La terreur,
l'incompréhension, la souffrance infligées à
tous ses animaux confiants envers l'homme s'avère un jeu de
massacre.
Comment pourrait-on y voir un art quelconque ?
Alors que ce n'est qu'une infâme trahison !
Chers chasseurs,
Rassurez-vous, je ne souhaite pas vous priver du loisir de vous
défouler.
Ni de revêtir vos treillis ou tenues de camouflage durant vos
week-end :
Mais faîtes le, bien calés dans vos fauteuils ou vos
canapés, sur écran ou sur console, ''à fond les
manettes''. Là, vous pourrez battre des scores formidables,
dans le respect de la vie et sans nuire à quiconque.
Rappel de la définition
:
Chasseur, chasseuse : Personne qui chasse le gibier.
Il existe fort heureusement, des
chasseurs respectueux des règles édictées.
Hélas, trop nombreux sont ceux, qui ne s'y conforment pas
!
Le respect de l'animal et de l'environnement, ne faisant pas partie
intégrante, de leurs valeurs; s'ils en ont encore quelques
unes ....
En voici un second exemple flagrant :
Une de nos membres, située en Charente Maritime (17), nous a envoyé ce qui suit :
Au matin, juste devant chez elle, qu'elle ne fut sa surprise en ouvrant la porte, de trouver ce malheureux cygne mort.
Elle a donc appelé le garde
chasse, comme il se doit :
Afin de le lui signaler et de rappeler qu'il est interdit de chasser
sur sa propriété, d'autant plus, que cela pourrait
mettre en péril la vie des siens !
Après constatation et réflexion, voici le commentaire de celui-ci, qui nous laisse pantois :
Le garde chasse a décrété, que le cygne avait heurté un poteau et m'a encouragé, à accepter cette thèse ''pour ma tranquilité'' !

Etant donné le trou
béant au point d'impact, le projectil ne pouvait être un
''poteau''. Force est de constater, la mauvaise fois
extrêmement grave, qui plus est; sous couvert de menace du
dît ''garde chasse''
Le cygne ne faisant pas partie du gibier consommé, pourquoi
l'abattre sauvagement ?
Ormis une fois de plus, pour le plaisir de tirer sur une proie
vivante et de se glorifier d'avoir tué en toute
impunité !
Stauk Meyer